Biométhane : les mécanismes extra-budgétaires, une nécessité pour GRDF

En France, la filière du biogaz compte près de 7300 emplois à la fin de l'année 2020.

Publié le 23/03/2021

4 min

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Le principal distributeur de gaz français GRDF a dressé, ce 23 mars, le bilan de l’année écoulée. Une année marquée par l’essor de la filière biométhane qui a quasiment doublé en capacité d’injection et très fortement progressé en nombre de sites. Un dynamisme et un potentiel que le gouvernement « doit continuer d’accompagner par la mise en place des mécanismes de financement extra-budgétaires » a rappelé ce matin GRDF.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

En France, 226 unités de méthanisation injectent dans les réseaux gaziers, dont 193 sur le réseau de GRDF pour une capacité maximale installée de 4,1 TWh par an, soit l’équivalent de la consommation d’un million de logements neufs chauffés au gaz. Un nombre de sites qui a été multiplié par cinq en trois ans (44 sites injectaient du biométhane dans les réseaux en 2017) et qui devrait encore croître pour arriver « à 354 sites à la fin de cette année » indique GRDF.

Installer des mécanismes financiers innovants

Aujourd’hui, plus de 1 100 projets sont inscrits dans le registre des capacités, pour une capacité maximale d’injection réservée de 26,5 TWh par an. Des projets dont  » plus de 80 % ont une capacité de production inférieure à 30 GWh » précise GRDF. En France, la moyenne des projets se situe autour de 17 GWh par an, principalement portés par le monde agricole. Depuis de longs mois, la filière du biométhane, soumise à de nombreuses évolutions réglementaires, dialogue avec le gouvernement sur la nécessité selon elle de mettre en place des mécanismes de financements supplémentaires pour accompagner le développement de la production de gaz verts sur nos territoires. Sophie Mourlon, directrice énergie au ministère de la Transition écologique, l’a encore répété ce matin à la convention organisée par l’Association française du gaz : « L’État n’ira pas au-delà des 9,7 milliards d’euros de soutien public qu’il a consenti à faire dans le cadre de la PPE. » C’est donc dans les certificats verts et Méthaneuf proposés par la filière en concertation avec les pouvoirs publics, des mécanismes n’impactant pas les finances publiques, que les acteurs du biométhane espèrent trouver un levier pour maximiser l’essor du gaz vert sur nos territoires, alors que d’ici 2024 « de nombreux départements dépasseront 10 % de gaz vert injecté dans les réseaux gaziers » note GRDF. Dans les Hauts-de-France, dans les Pays de la Loire et en région Centre-Val de Loire, la plupart des départements seront au dessus des 15 % et certains comme la Mayenne culmineront à  plus de 20 %. 

Si les discussions sont toujours en cours pour Méthaneuf et que GRDF « garde espoir » selon Frédéric Martin, directeur général délégué, que le biogaz puisse être intégré dans la nouvelle réglementation environnementale qui régira les règles de la construction neuve dès 2022, les certificats verts, après avoir fait l’objet de près de 45 contributions suite à la consultation organisée par la direction générale de l’énergie et du climat, pourraient être intégrés dans le véhicule législatif du projet de loi « climat et résilience » qui sera débattu à partir du 29 mars à l’Assemblée nationale. Pour Frédéric Martin, « les bénéfices et le potentiel «  de cette filière ne doivent pas être « remis en question par des choix politiques nationaux non cohérents avec ceux des territoires ». Il rappelle que cette filière totalise près de « 7 300 emplois pérennes en 2020 », en hausse de 65 % par rapport à 2019. En outre, la France compte un écosystème industriel dans ce secteur particulièrement fourni avec plus de 500 entreprises. GRDF rappelle également que les 190 zonages, déjà actés par la CRE, permettent, en renforçant les réseaux, « de sécuriser dès à présent 70 TWh par an de potentiel d’injection de gaz vert produit par méthanisation ».

Le distributeur gazier investit également dans la recherche et développement et a lancé plusieurs appels à projets en 2020 pour accompagner l’émergence de nouvelles filières. Enfin, GRDF, qui compte 11 millions de clients et a vu son chiffre d’affaires baisser de 5,1 % en 2020, principalement à cause de la crise pandémique, a annoncé que le nom de son prochain directeur général serait connu la semaine prochaine.

©GRDF