France : le biométhane injecté en nette progression

Publié le 03/03/2021

4 min

Publié le 03/03/2021

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Le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique a publié le 26 février son tableau de suivi du biométhane injecté en France. Au 31 décembre 2020, notre pays comptait 214 unités de méthanisation injectant dans les réseaux gaziers pour une capacité maximum installée de 3,9 TWh par an, en progression de 73 % par rapport à l’année 2019. Dans l’Hexagone, la majorité des sites de méthanisation sont implantés dans des exploitations agricoles, qui représentent près d’un tiers de la puissance installée, soit plus 1,2 TWh par an.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

L’année 2020 aura confirmé la dynamique enclenchée les années précédentes sur l’injection du biométhane dans les réseaux gaziers. La France se place même parmi les pays qui ont enregistré la plus forte croissance en Europe l’année dernière. Si la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a fixé un objectif de production de biométhane injecté à 6 TWh en 2023 et entre 14 TWh et 22 TWh en 2028, la croissance de production est telle que cet objectif pourrait être dépassé dès la fin de cette année. 

3,9 TWh par an de capacité maximum installée

En 2020, la production de biométhane injecté dans les réseaux a continué sa progression pour s’établir à 2 208 TWh, soit « une hausse de 79 % par rapport à 2019 » indique le SDES. Une production qui est allée crescendo tout au long de l’année, de 444 GWh pour le premier trimestre 2020 à 713 GWh pour le dernier trimestre. Au 31 décembre 2020, la capacité maximum installée des 214 sites de méthanisation s’élève à 3,9 TWh par an, soit une capacité supplémentaire de 1 658 GWh qui a été raccordée aux réseaux gaziers en une seule année. « Les unités de méthanisation cumulent environ 88 % de la capacité totale du parc » indique le SDES. Le parc français de méthanisation en injection est majoritairement (51 %) composé de petites installations d’une puissance inférieure à 15 GWh par an, représentant environ 28 % de la capacité totale installée avec une puissance établie de 1 101 GWh, dont la moitié a été mise en service uniquement sur l’année 2020. Les 82 sites, dont la puissance installée est comprise entre 15 à 30 GWh, représentent près de 44 % de la puissance installée française, avec 1 729 GWh. L’année dernière, c’est dans les régions Grand Est, Haut de France et Nouvelle Aquitaine que les volumes de biométhane injecté dans les réseaux ont été les plus importants, représentant plus de 970 GWh. A contrario, c’est dans la région Sud que le volume injecté a été le plus faible, avec 36 GWh. Un territoire où la méthanisation en injection est encore peu développée mais qui compte accélérer son développement, notamment via la création d’un collectif dédié à l’accompagnement des projets.

26,5 TWh par an de projets en attente

À fin décembre 2020, plus de 1 164 projets étaient inscrits au registre des capacités, soit une capacité totale réservée avoisinant les 26,5 TWh par an, « en hausse de 9 % par rapport à fin 2019 » indique le SDES. En 2020, 189 nouveaux projets ont été inscrits, représentant une capacité de 5 487 GWh par an. Cinq régions, Hauts-de-France (14 %), Grand Est (19 %), Île-de-France (11 %), Nouvelle- Aquitaine (8 %) et Pays de la Loire (8 %) concentrent 60 % des capacités maximales de production souscrites au registre des capacités.

À noter que la production d’électricité à partir de biogaz a également progressé en 2020 pour s’élever, sur les 861 installations en service, à 2,6 TWh, soit 0,6 % de la consommation électrique française, en hausse de 12 % par rapport à la production de l’année 2019.