Le méthane, «  priorité structurante » de l’action climatique mondiale

Perspectives
05/05/2026
9 min
En 2025, les émissions de méthane liées aux combustibles fossiles ont atteint 124 millions de tonnes, réparties entre le pétrole (45 Mt), le charbon (43 Mt) et le gaz naturel (36 Mt). ©Shutterstock

La scène énergétique mondiale est traversée par une contradiction croissante : jamais les engagements climatiques n’ont été aussi nombreux, et pourtant les émissions de méthane issues du secteur énergétique restent à des niveaux historiquement élevés. C’est le constat du dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié ce 4 mai, qui met en lumière un angle mort persistant des politiques climatiques : la lutte contre les fuites de méthane pourrait redevenir une priorité stratégique, à l’heure où la géopolitique mondiale met à mal la sécurité d’approvisionnement. 

Par Laura Icart

En 2025, les émissions de méthane liées aux combustibles fossiles ont atteint environ 124 millions de tonnes. Le pétrole en constitue la première source, suivi de près par le charbon et le gaz naturel. Cette stabilité à un niveau élevé intervient dans un contexte de production record d’énergie fossile, qui a neutralisé les gains réalisés sur l’intensité des émissions dans certaines régions. Plus largement, le secteur énergétique représente à lui seul près de 40 % des émissions de méthane d’origine humaine, confirmant son rôle central dans la lutte contre le réchauffement à court terme.

Une concentration qui a quasi triplé en deux siècles

Ce gaz, dont le pouvoir réchauffement étant plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂ sur 20 ans, constitue aujourd’hui près de 30 % de l’augmentation des températures mondiales depuis l’ère préindustrielle. Sa concentration dans l’atmosphère a été multipliée...

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