Les exportations de gaz russe hors ancien bloc soviétique ont chuté de 45,5 % en 2022

La production de gaz a chuté d’environ 20 % par rapport à 2021 et les exportations ont chuté de 45,5 % a indiqué le 2 janvier le groupe gazier russe Gazprom.

Publié le 03/01/2023

4 min

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Les exportations de gaz de Gazprom, hors pays de l’ex-bloc soviétique, ont chuté de 45,5 % en 2022, selon des résultats annoncés le 2 janvier, après une année marquée par une forte baisse des livraisons vers l’Europe dans la foulée des sanctions occidentales contre l’offensive en Ukraine.

Par la rédaction, avec AFP

 

Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, a indiqué que le groupe avait exporté 100,9 milliards de mètres cubes de gaz en 2022 aux pays de « l’étranger lointain« , un terme n’incluant pas les ex-républiques soviétiques, contre 185,1 milliards de mètres cubes vers ces mêmes pays en 2021. Sur l’ensemble de l’année 2022, Gazprom « a extrait 412,6 milliards de mètres cubes de gaz ». La production de gaz a chuté d’environ 20 % par rapport à 2021 et les exportations ont chuté de 45,5 % a indiqué le groupe gazier russe majoritairement détenu par l’État russe. Pour rappel, en 2018, le groupe énergétique russe, en situation monopolistique sur le marché des exportations par gazoduc en Europe, avait vendu environ 200 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Union européenne et la Turquie, contre 194,4 Gm3 en 2017, soit environ 3,5 % de plus.

L’Union européenne réduit sa dépendance

Après les sanctions économiques prises par l’Occident contre la Russie en réaction à son intervention militaire en Ukraine, Moscou a fortement réduit ses exportations d’hydrocarbures vers l’UE. En 2020, la Russie fournissait  près de 40 % de la consommation européenne de gaz, soit environ  200 milliards de mètres cubes. Le gaz russe représentait plus de 65 % des importations allemandes et 46 % des importations italiennes. Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Europe, via son plan RepowerUE cherche à sortir de sa dépendance au gaz russe et aux hydrocarbures russes de manière générale. Mesure sur laquelle les Européens ont bien avancé en quelques mois puisqu’ils sont passés de plus de 40 % de dépendance en janvier 2022 à 9 % aujourd’hui et ont notamment signé de nouveaux contrats ou des augmentations de capacités avec l’Azerbaïdjan ou la Norvège. Début décembre, l’Union européenne, les pays du G7 et l’Australie se sont également mis d’accord sur un plafonnement du prix du pétrole russe à l’export à 60 dollars par baril, dans l’espoir de priver Moscou de revenus importants. En réaction, la Russie a annoncé qu’elle interdirait à partir du 1er février la vente de son pétrole aux pays étrangers qui utilisent le plafonnement de son pétrole.

Moscou, les yeux tournés vers la Chine

Pour compenser les pertes, Moscou s’efforce d’augmenter ses livraisons de gaz à l’économie chinoise, grosse consommatrice d’énergie, et a accéléré ce mouvement. Fin décembre, Vladimir Poutine a lancé l’exploitation d’un champ gazier à Kovykta, un vaste gisement situé en Sibérie qui doit permettre d’augmenter les exportations vers la Chine. La Russie prévoit également la construction dès 2024 du gazoduc Force de Sibérie 2 pour alimenter Pékin via la Mongolie. Lundi, le PDG de Gazprom a ainsi noté que « les perspectives d’une hausse de la consommation de gaz dans le monde sont liées principalement à l’Asie, et, en premier lieu, à la Chine ». Alexeï Miller a affirmé qu’en 2022 les livraisons à Pékin avaient dépassé, « à la demande de la Chine« , les quantités prévues dans les contrats. Outre le gazoduc Force de Sibérie 1, Gazprom prévoit d’augmenter ses livraisons depuis l’Extrême-Orient et via le futur gazoduc Force de Sibérie 2. Selon Alexeï Miller, ces trois trajets d’exportation devraient permettre de « livrer environ 100 milliards de mètres cubes » de gaz russe à la Chine.