Quand la croisière n’amuse plus

Publié le 23/07/2019

13 min

Publié le 23/07/2019

Temps de lecture : 13 min 13 min

Près de 28 millions de touristes ont fait une croisière l’année dernière, soit près de 70 % de plus qu’il y a dix ans. Les compagnies de croisières, avec leurs géants de mers, impactent l’environnement et font peser un réel risque de santé publique. Aujourd’hui le monde maritime cherche des solutions à la hauteur des enjeux.

Par Laura Icart

S’il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur cette forme de tourisme, qui représente une part peu importante de l’industrie touristique globale selon l’Organisation mondiale du tourisme, force est de constater que son impact négatif sur l’environnement augmente, porté par l’accroissement du nombre de croisiéristes chaque année, en France (+ 3,4 %), en Europe (+ 3,3 %) et dans le monde (+ 7 %). Selon l’Association internationale des compagnies de croisières (Clia), qui regroupe 62 compagnies du secteur, 2019 devrait compter quelque 30 millions de croisiéristes.

Transport & Environment publie une étude alarmiste

Si les résultats ne sont pas une surprise, l’étude publiée le 5 juin par l’ONG européenne Transport & Environment, a de quoi faire réagir. Elle souligne l’énorme impact de ces mastodontes des mers sur l’environnement et surtout sur les populations côtières. Dans son étude, l’ONG note que « les bateaux de croisière polluent plus que l’ensemble du parc automobile européen ». L’analyse comparative des émissions de dioxyde de soufre (SOx) des navires de croisière et des voitures de tourisme immatriculées révèle des résultats stupéfiants. Dans les principaux pays de destination touristique et les pays ayant des côtes le long des principales lignes de navigation, les émissions maritimes de SOx dépassent très largement les émissions de SOx de tous les véhicules de tourisme immatriculés dans chaque pays. En résumé, 203 navires de croisière ont émis à eux seuls environ vingt fois plus de SOx le long des côtes européennes que l’ensemble des plus de 260 millions de véhicules de tourisme en Europe. Le rapport indique que le premier opérateur mondial de croisières Carnival Corporation qui a émis, en 2017, près de dix fois plus d’oxyde de soufre que l’ensemble de la flotte de véhicules touristiques européens. La compagnie américaine possède une flotte de 94 bateaux dont la moitié opèrent en Europe. Le numéro deux mondial Royal Caribbean Cruises émet quant à lui plus quatre fois plus d’oxyde de soufre que les voitures européennes. À noter qu’en mer,…

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