Le gouvernement confirme la suppression du bouclier tarifaire pour fin 2024

Le bouclier tarifaire sur les prix de l’électricité instauré pour lutter contre l’inflation, s'arrêtera fin 2024 alors que le gouvernement avait annoncé un prolongement jusqu'en 2025. ©Shutterstock

Publié le 13/07/2023

3 min

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Le ministre délégué aux comptes publics Gabriel Attal a confirmé le 13 juillet lors d’une interview sur RTL que le gouvernement mettrait « progressivement » un terme d’ici fin 2024 au bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie instauré pour lutter contre l’inflation, levant le doute sur son éventuelle prolongation en 2025.

Par la rédaction, avec AFP

 

« Dès lors qu’on doit faire des économies, il faut notamment sortir des dispositifs spécifiques qu’on a mis en place pendant la crise de l’inflation. Ça veut dire qu’on va devoir sortir progressivement du bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie« , a indiqué le ministre. « Ça ne va pas se faire d’un coup, d’un bloc », a-t-il précisé, mais ça veut dire « que d’ici à la fin de l’année 2024, notamment sur le bouclier tarifaire sur l’électricité, on va en sortir progressivement« . Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait annoncé en avril que le bouclier tarifaire limitant les prix de l’électricité pour les particuliers serait maintenu jusqu’à début 2025 alors que celui sur le gaz s’arrêtera officiellement en fin d’année, même si les prix sur le marché ayant beaucoup baissé, bien qu’un rebond reste possible, le bouclier n’est plus « actif ».

Un poids pour les finances publiques 

Le 11 juillet, trois économistes du Conseil d’analyse économique (CAE), une instance créée auprès de la Première ministre qui a pour but d’éclairer les choix du gouvernement en matière économique, avaient préconisé dans une note de mettre rapidement fin au bouclier tarifaire sur les prix de l’électricité pour les ménages les plus aisés afin de réduire son coût tout en encourageant la sobriété énergétique, « étant donné son poids pour les finances publiques ». Exclure les 20 % de ménages les plus aisés du bouclier pourrait ainsi permettre « de faire des économies budgétaires de 5 à 6 milliards d’euros », avait estimé Xavier Ragot, un des auteurs du rapport. En revanche, « les plus modestes continueraient de bénéficier d’un accompagnement », avait préconisé le CAE, évoquant la distribution d’un chèque énergie aux ménages les plus modestes. Fin juin, un rapport de la sénatrice Les Républicain des Hauts-de-Seine Christine Lavarde estimait que les dispositifs d’aides mises en place par le gouvernement pour faire face à la crise énergétique étaient une « véritable usine à gaz » s’avérant particulièrement coûteux pour les finances publiques et demandait davantage « d’anticipation » au gouvernent.

Lors de son interview sur RTL, M. Attal a dit sa volonté de « mettre fin à cette politique des chèques exceptionnels qu’on a pu mettre en place sur tel sujet pour telle catégorie de Français ».  D’après des estimations de la Commission de régulation de l’énergie, les prix de l’électricité auraient bondi de 35 % en 2022 et de 100 % en 2023 s’il n’y avait pas eu le dispositif protecteur du bouclier tarifaire. Le gouvernement a évalué fin 2022 à 110 milliards d’euros entre 2021 et 2023 le coût du bouclier énergétique pour les ménages, les collectivités et les entreprises.