Le MACF à l’épreuve du réel

Réglementations
20/06/2026
8 min
À terme, selon la Commission européenne, le MACF pourrait générer plus de 10 milliards d’euros de recettes annuelles et devenir l’un des principaux instruments de politique industrielle et commerciale de l’Union européenne.©shutterstock

Le dispositif d’ajustement carbone aux frontières, dit « MACF », mis en place en janvier après des années de discussion, est déjà bousculé. Censé protéger la décarbonation de l’industrie européenne, il est perçu comme imparfait et donc insuffisant pour assurer la fin des quotas d’émissions. Entre élargissement du mécanisme et ajustements ciblés, les discussions sur son amélioration agitent la Commission.

Par Valentin Ehkirsh 

Au 1er janvier 2026, l’Europe s’est lancée dans le grand bain. Après des années de discussions, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF, ou CBAM en anglais), a connu sa première mise en œuvre opérationnelle. Un grand pas pour l’Union européenne, qui a fait de ce système l’instrument clé d’une politique industrielle plus verte. Pensé en miroir du marché européen des quotas de CO₂ (« european trading system », ETS), le MACF a pour objectif d'imposer aux produits importés dans l'Union un prix du carbone équivalent à celui payé par les industriels européens. En prévenant les délocalisations vers des pays moins-disants sur le plan environnemental, Bruxelles entend garantir une concurrence équitable tout en encourageant la décarbonation à l'échelle mondiale. Cinq longues années de discussions ont mené à sa mise en place. Six secteurs intensifs en énergie, jugés les plus exposés aux fuites de carbone, sont concernés : le fer et l'acier, l'aluminium, le ciment, les...

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