Biochar, DAC, stockage : structurer une filière française

Innovation
10/07/2026
10 min
Selon une étude du BCG et de l’Afen, le marché mondial du captage et de l’élimination du CO₂ pourrait atteindre 935 milliards d’euros par an d’ici 2050, dont jusqu’à 50 milliards en France. ©Shutterstock

Biochar, captage direct dans l’air, minéralisation du béton, stockage géologique, océans : derrière l’acronyme EDC — élimination du dioxyde de carbone — se dessine en France un nouvel écosystème, porte lAssociation française pour les émissions négatives (Afen). Encore embryonnaire, parfois expérimentale, mais déjà traversée par des enjeux industriels, agricoles et géopolitiques majeurs, la jeune filière française de l’EDC expérimente, empile les briques et espère bien imposer le sujet dans le débat public et industriel.

Par Laura Icart

L’Agence internationale de l’énergie estime que les technologies d’élimination du carbone devront représenter jusqu’à 2,1 gigatonnes de CO₂ captées par an dès 2050 pour maintenir la trajectoire de 1,5 °C. En France, cette perspective a longtemps suscité méfiance ou indifférence.Portée par une poignée de start-up, d’industriels et d’acteurs du biométhane, la filière cherche désormais à accélérer sa structuration politique et économique dans un contexte où l’Europe prépare l’intégration progressive des émissions négatives dans ses futurs mécanismes climatiques.« On sait qu’on aura besoin d’émissions négatives pour atteindre la neutralité carbone. Le sujet maintenant, c’est de construire un chemin opérationnel », explique Karim Rahmani, co-président de l’Afen et cofondateur de Carbon Impact, société spécialisée dans le développement de projets de captage et de séquestration du CO₂ biogénique.

Une mosaïque technologique

Ce qui frappe d’abord, c’est l’extrême diversité des approches. Certaines misent sur les sols agricoles, d’autres sur les océans, les déchets de chantier, la biomasse ou...

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