« À ce stade, aucun de nos partenaires commerciaux n’a de prix du carbone équivalent au nôtre »

Entretien
21/06/2026
9 min

Entretien avec Raphaël Trotignon, directeur du pôle énergie climat de Rexecode.

Propos recueillis par Marjorie Ceyssac

Plusieurs experts font le constat qu'en 20 ans d'existence l'ETS a permis de baisser les émissions de CO₂ au sein de l'Union européenne (UE) en évitant de peser de trop sur la compétitivité. Êtes-vous d'accord sur ce point ?

Oui, je partage ce constat. Mais ce n'est pas parce que cela a été le cas jusqu'à présent que cela le restera par la suite. Nous sommes à un moment charnière au sein de l'UE dans lequel nous basculons dans un système où l'on paie désormais 70 à 80 euros par tonne de CO₂ avec de moins en moins d'allocations gratuites et ce, alors que dans le reste du monde nous n'avons pas de marché carbone équivalent. La Chine a un marché du carbone mais le prix du quota évolue entre 8 et 12 euros selon les périodes. Les États-Unis n'ont pas de marché du quota fédéral. Il n'existe qu'un marché en Californie qui ressemble au marché européen et un système dans le nord-est du pays mais qui est seulement dédié aux centrales électriques. Il y a quelques pays comme l'Ukraine et le Japon qui ont leur propre marché mais aucun de nos principaux partenaires commerciaux n'a jusqu'à présent pas de prix équivalent au nôtre. Il est donc normal que des problèmes de compétitivité apparaissent. C'est d'ailleurs pour les surmonter que l'UE a mis en place cette année un mécanisme de taxe carbone aux frontières.

Un certain nombre de...

Cet article est réservé aux abonnés de Gaz d'aujourd'hui, abonnez-vous si vous souhaitez lire la totalité de cet article.

Je m'abonne

Vous aimerez aussi