« La recherche n’est pas une dépense mais un investissement d’avenir »

Publié le 18/07/2020

19 min

Publié le 18/07/2020

Temps de lecture : 19 min 19 min

Mohammed Benlahsen, président de l’université de Picardie Jules Verne depuis 2016, est président de l’Alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie (Ancre) depuis septembre 2019. Il succède à François Jacq, administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique.

Propos recueillis par Laura Icart

 

Pouvez-vous nous présenter l’Ancre, son organisation et ses missions ?

Créée en juillet 2009, l’Alliance nationale de coordination de la recherche pour l’énergie rassemble 19 organismes de recherche et conférences d’établissements d’enseignement supérieur ayant une activité de recherche dans le domaine de l’énergie [CEA, CNRS, CPU, Ifpen, Andra, BRGM, CDEFI, Cirad, CSTB, Ifremer, Ineris, Inrae, IFSTTAR, Inria, IRD, IRSN, IRSTEA, LNE, Onera, NDLR]. Renforcer les synergies et partenariats entre organismes de recherche, universités et entreprises, identifier les verrous scientifiques et techniques qui limitent les développements industriels, proposer des programmes de recherche et innovation et les modalités de leur mise en œuvre et contribuer à l’élaboration de la stratégie nationale de recherche en matière d’énergie ainsi qu’à la programmation des agences de financement sont nos principales missions. Un travail mené en concertation avec l’Alliance européenne sur la recherche en énergie (EERA), qui vise à renforcer, étendre et optimiser les capacités et programmes de recherche européens dans le secteur énergétique, dans le cadre du plan stratégique européen pour les technologies énergétiques afin d’accélérer le développement et l’industrialisation de solutions bas carbone.

Quel est votre plan d’action pour ces deux prochaines années et vos priorités ?

L’alliance Ancre est un lieu d’échanges privilégiés et je souhaite consolider la démarche de mise en réseau pour élargir nos approches de manière plus transversale à de nombreux domaines de recherche, sur le plan national et européen comme par exemple les objectifs de neutralité carbone. Mon prédécesseur a su impulser une démarche d’auto-évaluation de sa position et de ses actions pour redynamiser et renforcer les travaux de l’alliance, gagner en pertinence et en décloisonnement et proposer un plan d’action en quatre points : la finalité de l’alliance, les actions communes pour ses membres, son organisation et son fonctionnement ainsi que sa communication. Mon mandat se propose de poursuivre cette démarche. L’enjeu est de confirmer l’engagement mutuel des partenaires et d’avancer ensemble dans les priorités que nous avons choisies et que nous définissions tous en commun. Ce travail consiste à décliner le plan d’action en termes de projet transversaux pour aller vers une approche nécessitant des croisements thématiques « nexus » (énergie-forêt, énergie-alimentation, cycle du carbone, mobilité et ville durable, etc.), ou encore analyser la complémentarité des technologies.

La recherche française constitue un secteur d’excellence reconnu mondialement. Pourquoi est-elle un maillon indispensable du monde énergétique ?

Saluée dans le monde entier, la recherche française compte dans ses rangs 65 prix Nobel, ce qui place la France au 4e rang du palmarès, et près d’un tiers des médaillés Fields sont issus de laboratoires français [la 2e nation derrière les États-Unis, NDLR]. Ces prix et distinctions rapportés au nombre de chercheurs en France révèlent des activités de recherche de premier rang. Tout ce potentiel de création de valeur repose sur les laboratoires de recherche publics et donc sur les…

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