Pyrogazéification : le projet Salamandre vise une production de 11 000 tonnes de biométhane par an à partir de 2026

Le projet pilote Salamandre est la transposition à grande échelle de 10 années de Recherche & Développement menées par Engie dans le cadre du projet GAYA situé à Saint-Fons (69).

Publié le 23/08/2022

5 min

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Au début de l’été, le groupe de transport maritime CMA CGM et l’énergéticien Engie ont annoncé leur volonté de co-investir dans un projet de pyrogazéification. Baptisé Salamandre, ce projet pilote dont la décision de lancement est prévue pour fin 2022 sera la première unité industrielle et commerciale de production de biométhane dite de 2e génération, capable de produire 11 000 tonnes par an de biométhane avec une « mise en service graduelle » en 2026. Ce projet est « la première étape d’une ambition commune de produire jusqu’à 200 000 tonnes de gaz renouvelables par an d’ici 2028 dans le monde » rappellent Engie et la CMA CGM.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

Le projet pilote Salamandre, c’est « la transposition à grande échelle de 10 années de recherche et développement menées dans le cadre du projet Gaya » souligne Engie dans son communiqué. C’est aussi le premier projet de grande ampleur mené dans le cadre du partenariat stratégique signé le 9 novembre 2021 entre l’armateur CMA CGM et le groupe Engie pour construire et accélérer le développement des filières de méthane de synthèse et de biométhane liquéfié (bioGNL).

70 000 tonnes de déchets valorisées annuellement

Représentant un investissement de 150 millions d’euros, les premières molécules de biométhane produites en valorisant de la biomasse de type ligno-cellulosique et de combustibles solides de récupération devraient commencer à produire d’ici quatre ans, vraisemblablement au Havre où le projet bénéficie d’un soutien politique et d’un écosystème économique et industriel particulièrement favorable. Ce projet doit permettre de produire jusqu’à 150 GWh de gaz renouvelables à partir de 2026, « soit l’équivalent de la consommation de 670 bus », via la valorisation de 70 000 tonnes par an de déchets non recyclables. « En outre, le procédé multi-énergies permettra également de produire environ 45 GWh de chaleur renouvelable pour servir des besoins urbains ou industriels » souligne l’énergéticien français. Le site vise une production annuelle de 11 000 tonnes de biométhane à partir de 2026. Si la décision d’investissement par les deux groupes est programmée pour la fin de l’année, une demande de soutien a déjà été déposée auprès du fonds innovation de la Commission européenne. « Salamandre est un pilote avancé, qui contribue à participer au développement de la filière de gaz renouvelables, fidèle aux objectifs d’indépendance et de transition énergétique proposés par la Commission européenne dans le plan RepowerEU » a souligné Christine Cabau Woehrel, directrice centrale exécutive du groupe CMA CGM, en charge des actifs industriels et des opérations. « Par son ampleur, ce projet témoigne de notre ambition et de notre accélération dans la production de gaz renouvelables et démontre notre capacité à accompagner des entreprises de premier plan dans leur transition vers le net zéro carbone » indique le directeur général adjoint en charge des infrastructures d’Engie.

 

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200 000 tonnes par an de gaz renouvelables en 2028

Le groupe CMA CGM et Engie souhaitent dans le cadre de leur partenariat développer 200 000 tonnes de gaz renouvelables par an d’ici 2028 en Europe et dans le monde pour les besoins de CMA CGM et de l’industrie du shipping. Dans cette coopération « stratégique et industrielle de long terme », Engie et la CMA CGM prévoient également de travailler en synergie avec la mise en commun d’expertises, de connaissances et des travaux de R&D portant principalement sur des technologies considérées « comme clés » par les deux groupes, comme la capture du carbone et la production d’hydrogène vert. Également prévu : un travail commun sur la réglementation, avec en ligne de mire la construction d’un cadre réglementaire propice à la compétitivité de la filière.

Promouvoir une mobilité maritime décarbonée

L’armateur français, qui dispose déjà d’une flotte de 30 navires dual fuel « e-methane ready » en service, commercialise depuis mai 2021 une offre de service maritime bas carbone reposant sur du biométhane ou plus exactement sur le système des garanties d’origine. Le biométhane est parfaitement compatible avec la technologie dual fuel de moteur au gaz développée par la CMA CGM, permettant de réduire selon le groupe « d’au moins 67 % les émissions de gaz à effet de serre » sur toute la chaîne de valeur («well to wake »et « de plus de 88 % » à l’échelle du navire (« tank to wake »). La CMA CGM a annoncé qu’elle disposerait de 77 navires dual fuel d’ici à la fin de l’année 2026.

Engagés depuis trois ans dans la coalition pour l’énergie de demain pour soutenir la mobilité durable, les deux groupes français travaillent en collaboration avec une quinzaine d’autres grands groupes internationaux pour accélérer le développement des énergies et des technologies d’avenir, pour accompagner les nouveaux modèles de mobilité durable et réduire ainsi l’impact climatique du transport et de la logistique.