Ne pas occulter le potentiel du GNL carburant dans la réforme des GO biométhane

Publié le 07/04/2020

3 min

Publié le 07/04/2020

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Alors qu’un projet de décret est actuellement en cours d’élaboration sur la mise aux enchères des garanties d’origine biométhane, dans le cadre de la réforme du dispositif, plusieurs associations représentantes de la filière gaz et biogaz ont alerté la directrice générale de la DGEC Sophie Mourlon, dans un courrier qui lui était adressé la semaine dernière, à propos de la non prise en compte dans ce nouveau dispositif du potentiel du GNL carburant.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

L’Association française du gaz, le club biogaz de l’ATEE, l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France, les fournisseurs de gaz, la plateforme GNL carburant marin et l’Association française du gaz ont fait parvenir le 3 avril un courrier à la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), que Gaz d’aujourd’hui a pu consulter. Après une concertation, les associations gazières estiment que le projet de décret sur la mise aux enchères des garanties d’origine biométhane, dans sa forme actuelle, qui « envisage de réserver les garanties d’origine biométhane au carburant GNC (gaz naturel comprimé) issu du réseau, exclut de fait les carburants GNL (gaz naturel liquéfié) et GNC issu du GNL, qui bénéficient actuellement de ce dispositif ».  

GNL et bioGNL, vecteurs de décarbonation de la mobilité sur terre comme en mer 

Un système qui existe depuis 2012 et dont la mise en œuvre et le maintien du registre des GO biométhane est assuré par GRDF. Pour rappel, chaque GO est équivalente à 1 MWh de gaz injecté, ou environ 70 kg de bioGNV. En 2019, un peu moins de la moitié des GO utilisées l’ont été sous forme de bioGNV. « Si une telle mesure était confirmée, elle impliquerait pour plusieurs années l’absence de solution française pour décarboner le transport routier longue distance et le transport maritime. Cela nuirait à l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale bas carbone de la France » ont souligné les acteurs gaziers. Ils n’hésitent pas d’ailleurs à qualifier de « désastreux et immédiat » l’effet que pourrait avoir l’exclusion du GNL-bioGNL dans le transport terrestre pour les fournisseurs de carburant gaz. Argument principal pour la filière gazière : le transport routier lourd moyenne et longue distance constitue selon elle la seule alternative crédible au diesel et représente une part significative de la mobilité GNV-bioGNV. Notre pays compte désormais près de 143 points d’avitaillement publics en service, dont 34 proposant du GNL (0,6 TWh de GNL consommé en 2019) et les immatriculations des véhicules lourds au GNV « augmentent en moyenne de 20 % par an depuis 2014 » soulignait récemment Gilles Durand, délégué général de l’AFGNV. Autre secteur majeur pour le développement du GNL carburant : le transport maritime, où une dynamique a déjà été enclenchée par les armateurs, encouragés d’ailleurs par les pouvoirs publics et une réglementation internationale de plus en plus stricte et qui « pourrait aussi être irrémédiablement bloquée » selon l’ensemble des acteurs de la filière de la mobilité gaz si le GNL venait à être exclu du dispositif des GO.

(c)Monoprix.