Transport de CO₂ : le chaînon manquant de la décarbonation industrielle

Industrie
25/06/2026
9 min

Pour faire fonctionner une véritable économie du CO₂, l'acheminement de la molécule est un maillon essentiel. Entre les solutions de pipelines et les projets de terminaux d’export, le choix est à la fois guidé par des contraintes industrielles, politiques et économiques.

Par Valentin Ehkirsh 

Dans la chaîne de valeur de l’économie du CO₂, le transport du carbone est un secteur qui apprend à composer au conditionnel. En faisant passer le statut de la molécule de dioxyde de carbone de déchet à celui de fluide industriel, c’est une logistique industrielle entièrement nouvelle qui doit se mettre en place. Captage, liquéfaction, transport et enfouissement : la chaîne de valeur est aussi complexe à mettre en œuvre techniquement que politiquement. Pourtant, les acteurs du secteur s'accordent à le dire : cette économie du CO₂ est bel et bien en train de se structurer. « Ce n'est pas un mirage », assure-t-on chez le transporteur gazier Natran, qui structure désormais une partie de son activité dans le CO₂.

De fait, pour atteindre les objectifs européens de décarbonation, le captage et le stockage de CO₂ fait figure d’indispensable. Selon le Giec et l’Agence internationale de l’énergie, la capture des émissions de CO₂ de l’industrie compte pour 15 % des réductions de CO₂ d’ici 2050. En Europe, le règlement Net Zero Industry Act fixe un objectif de 50 millions de tonnes de stockage annuelle d’ici 2050. Une cible ambitieuse de laquelle découle une vision où le transport par pipeline de la molécule de carbone devient la norme pour massifier les flux.

Pour y répondre, la France a mis au clair sa stratégie...

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