Dépassement écologique : les stratégies économiques des États passent à côté du risque

Planification
25/08/2026
10 min
Le Japon aurait besoin de six fois sa biocapacité nationale pour satisfaire sa consommation, contre 1,8 fois pour la France. À l’inverse, le Canada et le Brésil restent en excédent. ©Shutterstock

Depuis le 30 juillet 2026, l’humanité aura consommé autant de ressources biologiques que les écosystèmes terrestres peuvent en renouveler en une année. Ce « jour du dépassement » signifie que la demande mondiale équivaut aujourd’hui à celle que pourraient supporter 1,73 planète. Derrière cette estimation globale, une question demeure : les gouvernements préparent-ils leurs économies à un monde dans lequel l’eau, les sols fertiles, les forêts, les ressources halieutiques et la capacité d’absorption du carbone deviennent plus contraints ? Pour tenter d’y répondre, Global Footprint Network et l’association suisse Greenings ont analysé plusieurs dizaines de documents stratégiques nationaux : plans de développement, budgets, stratégies industrielles, doctrines de sécurité et textes législatifs.

Par Laura Icart

Le dépassement écologique se produit lorsque les prélèvements humains et les déchets générés excèdent la capacité de renouvellement et d’absorption des écosystèmes. Il se manifeste notamment par la déforestation, la surexploitation des poissons, l’épuisement des nappes phréatiques, l’érosion des sols et l’accumulation de gaz à effet de serre. Selon les auteurs d'une analyse prospective, la demande humaine dépasse la capacité régénératrice de la biosphère depuis le début des années 1970. Les combustibles fossiles représentent à eux seuls plus de 60 % de l’empreinte écologique mondiale, cette proportion correspondant principalement aux surfaces biologiquement productives qui seraient nécessaires pour absorber les émissions de CO₂ excédentaires.

Le rapport insiste sur un point souvent absent des indicateurs économiques : toute activité repose sur des flux...

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