Méthavéore : première unité à injecter du gaz vert dans la Drôme

Publié le 05/03/2021

3 min

Publié le 05/03/2021

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Située à Étoile-sur-Rhône dans la Drôme, l’unité de méthanisation de Méthavéore, portée par trois agriculteurs, est le premier site du département à injecter du biométhane dans le réseau de GRDF et le seizième dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. D’une puissance raccordée de 11,2 GWh par an, « soit l’équivalent de la consommation annuelle de 4 500 logements neufs chauffés au gaz », il permettra d’alimenter en gaz renouvelable plusieurs milliers d’habitants des communes environnantes.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

L’Auvergne Rhône-Alpes, qui s’est engagée dans une politique ambitieuse pour le développement du biogaz sur son territoire via sa charte « Ambition biogaz 2023 » signée en 2018, compte actuellement 77 sites de méthanisation en service selon le ministère de la Transition écologique, dont 16 injectent dans le réseau de GRDF. Plus d’une centaine de projets sont d’ores et déjà inscrits au registre de capacités et une quinzaine sont en cours de déploiement. Une dynamique qui favorise d’ailleurs le développement du bioGNV sur le territoire auvergnat et rhônalpin. Avec cette nouvelle unité agricole baptisé Méthavéore, mise en service en décembre, la Drôme accueille son premier site d’injection de biométhane qui, avec une capacité de production de 18 millions de kilowattheures par an de gaz renouvelable, pourra alimenter en gaz vert trois communes drômoise : Étoile-sur-Rhône, Portes-Lès-Valence et Valence.

Une volonté de développer des systèmes vertueux

Démarré en 2015, le projet Méthavéore, qui s’est concrétisé en décembre dernier par l’injection des premières molécules de biométhane dans le réseau de GRDF, est né de la conviction partagée de trois agriculteurs drômois qui ont vu dans la méthanisation la possibilité de faire évoluer certaines de leurs pratiques agricoles (gestion des fertilisants, système culturales…) mais aussi de pérenniser leurs exploitations. Les trois associés estiment que la méthanisation va leur permettre de « devenir autonomes sur la fertilisation de leurs cultures » grâce au fertilisant produit (appelé digestat) qui se substituera aux engrais chimiques. L’amélioration de la vie biologique des sols grâce aux Cimse (cultures intermédiaires multi-services environnementaux) est également un avantage selon les agriculteurs. Des cultures semées en interculture (entre les cultures alimentaires) qui visent à produire différents services écosystémiques : recyclage des éléments minéraux (N, P, K, S, etc.), couverture des sols (anti-érosion), gestion des adventices et des ravageurs, ou encore le stockage de matière organique et carbone dans les sols. Souvent évoquée, la diversification des revenus pour les agriculteurs est également l’une des raisons qui a poussé les associés à se lancer dans le projet, comme la volonté de générer une dynamique locale autour de ce projet, dans une logique d’économique circulaire, avec à la clé la création d’un emploi. « Méthavéore est une véritable réussite grâce à l’implication du monde agricole. Ce projet montre une nouvelle fois que le biométhane est à la croisée des enjeux énergétiques, écologiques et économiques des territoires » indique de son côté Guilhem Armanet, directeur clients territoires GRDF qui a construit 4 km de réseau de gaz pour raccorder le site de méthanisation agricole à son réseau.

Si la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) fixe un objectif de 10 % de gaz renouvelable dans les réseaux d’ici 2030, l’industrie gazière l’a plusieurs fois affirmé : le gisement disponible et le potentiel territorial donnent les moyens d’être plus ambitieux.

(c) Scara.