La station multi-énergies de Réau est ouverte

Publié le 05/01/2023

5 min

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Sigeif Mobilités, Engie solutions et l’Établissement public d’aménagement (EPA) de Sénart ont annoncé le 4 janvier la mise en service de la station d’avitaillement de Réau, sur le parc d’activités de l’A5-Sénart, en Seine-et-Marne. Elle distribue du gaz naturel véhicule (GNV) et du biogaz véhicule (bioGNV) issu « en priorité » des unités de méthanisation franciliennes. À plus long terme elle distribuera également de l’azote liquide et de l’hydrogène.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

Située à l’entrée du parc d’activités de l’A5-Sénart, une zone de 200 hectares dédiée aux entreprises de la logistique et du e-commerce, sur les communes de Réau et Moissy-Cramayel à proximité de grands axes routiers, cette station s’est construite dans le cadre du projet « Olympic Energy » porté par Sigeif Mobilités et subventionné par l’Union européenne pour la décarbonation des transports. Elle est présentée comme la plus vertueuse d’Île-de-France. Elle sera en tout cas la première en région francilienne à distribuer 100 % de biogaz naturel comprimé (GNC) produit majoritairement en Seine-et-Marne.

Une boucle vertueuse déclinée localement

La station de Réau permettra aux entreprises locales mais aussi aux poids lourds de passage de s’approvisionner en gaz naturel liquéfié (quatre bornes disponibles) et en bioGNC (quatre bornes doubles disponibles). Le bioGNC sera en partie produit à quelques kilomètres de la station, à l’unité de méthanisation agricole Sénart Bioénergie mise en service cette année pour une puissance installée de 12,5 GWh par an. Cette unité, équipée d’un déconditionner de biodéchets, valorise notamment des déchets verts « en partenariat avec Engie entreprises et collectivités » indique le communiqué. Le complément sera fourni par d’autres méthaniseurs seine-et-marnais, l’un des plus gros départements de France en termes de production de biométhane avec plus de 802 GWh par an installés (93 % de la puissance régionale) et 41 méthaniseurs en service. Le département s’est même doté en juillet 2020 d’une ambition matérialisée dans la charte CapMétha77, avec l’objectif de couvrir 75 % des besoins résidentiels en gaz d’ici 2030, soit une production de 2 500 GWh par an.

Décarboner le transport

« La réduction des nuisances liées au trafic routier est un enjeu de santé publique pour la protection de l’environnement et le climat » soulignait en décembre 2020 Valérie Pécresse, qui indiquait que la politique volontariste portée par la région pour le développement d’une mobilité décarbonée « passe aussi par le verdissement des flottes ». Dans cet écosystème logistique du parc de l’A5-Sénart qui ne représente pas moins de 120 entreprises, cette station multi-carburants s’inscrit « pleinement dans [notre] rôle », celui  de « contribuer à l’émergence de solutions pour la défossilisation des véhicules lourds » et à améliorer « concrètement » la qualité de l’air, en Île-de-France note le président du Sigeif, Jean-Jacques Guillet également maire de Chaville . Si celle-ci s’est « améliorée » en 2021 soulignait en avril Airparif, environ « 60 000 Franciliens sont toujours exposés à des concentrations dépassant la valeur limite réglementaire française et européenne pour le dioxyde d’azote (NO₂), le long des grands axes de circulation » comme le périphérique et l’autoroute A1. L’organisme chargé de surveiller la qualité de l’air francilien travaille également sur la surveillance des particules ultrafines (PUF) dont la concentration dans l’air ambiant, en hiver, est principalement le fait du trafic routier. « Encourager l’usage de carburants éco-responsables est indispensable dans tout projet d’aménagement urbain à l’heure actuelle »  soulignait de son côté Aude Debreil, directrice générale de l’EPA Sénart à l’annonce du projet. Elle se réjouit aujourd’hui de la mise en service de cette station multi-énergies qui place « les acteurs de notre écosystème supply chain en capacité de prendre dans les meilleures conditions le virage de la transition environnementale, tout en faisant appel à une filière de production du carburant la plus locale possible ». Un constat partagé par le directeur mobilité durable François-Xavier de Froment, qui estime que « la densification » du maillage de stations d’avitaillement « en diversifiant le mix carburant » est la meilleure manière « d’encourager » la conversion des flottes captives. Développer une mobilité plus vertueuse est de toute façon une nécessité pour les acteurs économiques franciliens, alors qu’en 2024, l’interdiction à la circulation sera élargie à la catégorie Crit’Air 2 (tous les diesels, y compris les plus récents, et les essences d’avant 2011) sur le territoire du Grand Paris, soit plus d’une soixantaine de communes délimitée par l’A86. En 2021, le bioGNV a représenté 19,6 % des ventes globales de bioGNV-GNV, contre 16,7 % en 2019. Le bioGNV permet de réduire significativement la concentration des polluants de l’air qui impacte tout particulièrement notre santé. Les émissions de particules fines sont réduites de 85 % et celle du dioxyde d’azote (NO2) de 90 % par rapport à un véhicule diesel (génération Euro VI). Ce virage réglementaire et écologique est donc anticipé à Réau, ce qui réjouit le maire de la commune et conseiller communautaire de l’agglomération de Grand Paris Sud, Alain Auzet, qui estime que les acteurs publics « ont un rôle essentiel à jouer pour accélérer la transition écologique » et favoriser une coopération entre acteurs « sources de solutions innovantes ».

Crédit : Engie solutions.