Huit chiffres à retenir sur l’énergie en France en 2022

Corrigée des variations climatiques, la consommation primaire d’énergies renouvelables et de déchets s’établit à 379 TWh en 2022 selon les données définitives sur l'énergie en France en 2022 publié par le Ministère de la Transition énergétique. © Shutterstock

Publié le 23/10/2023

6 min

Publié le 23/10/2023

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Le service de données du ministère de la Transition énergétique a publié fin septembre son bilan énergétique définitif pour l’année 2022. La facture énergétique de la France s’élève à 116 milliards d’euros et a quasi été multipliée par trois par rapport à 2021. La production nationale primaire représente la moitié de l’approvisionnement en énergie du territoire. La consommation d’énergie primaire a baissé de 7,5 % en 2022 et la consommation finale d’énergie est également en baisse de 1,6 %, fruit des efforts de sobriété et d’un contexte international particulièrement incertain. Résumé en huit chiffres.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

La branche énergie représente environ 2 % de la valeur ajoutée en France et représentait près de 140 000 emplois en 2021. Ce sont les transports qui ont la plus grosse consommation finale d’énergie (34 %), devant le secteur résidentiel (28 %), l’industrie (18 %), le secteur tertiaire (17 %) et l’agriculture (3 %). Les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie en France métropolitaine baissent ainsi de 2,8 % à climat réel.

116,3 milliards d’euros

La facture énergétique de la France a quasi triplé en 2022, pour s’établir à 116, 3 milliards d’euros, « un niveau jamais enregistré depuis le début des années 70 ». Pour rappel, en 2021, elle pesait à hauteur de 44,3 milliards d’euros dans le déficit commercial de la France. Son niveau « inédit résulte essentiellement de la forte élévation des cours » indique le ministère de la Transition énergétique. Le prix à l’importation du gaz naturel a quasiment « triplé en moyenne entre 2021 et 2022 » indique le SDES. La facture gazière est passée de 5,2 milliards d’euros en 2020 à 13,3 milliards d’euros en 2021 pour tripler en 2022, s’établissant à 46,7 milliards d’euros. L’augmentation est encore plus spectaculaire pour la facture pétrolière et en biocarburants, en hausse de 79 %, qui représente selon le SDES « la moitié de la facture énergétique totale ».

1 249 TWh

En 2022, la production primaire d’énergie s’élève à 1 249 TWh en France, en diminution de 17,9 % par rapport à 2021 et de 12,4 % par rapport à 2020. La production nucléaire avait pourtant augmenté en 2021 en retrouvant son niveau de 2019 à 1 150 TWh. En 2022, elle a chuté de nouveau (- 22,3 %) pour atteindre 893 TWh. La production primaire d’énergie fossile représente toujours 10 TWh et la production d’origine renouvelable (hydraulique, éolien, biocarburants, biogaz…) s’établit à 326 TWh en 2022, toujours dominée par le bois énergie, même s’il recule (116 TWh). La production de biogaz s’établit à 19 TWh, en hausse de 15 %.

1 532 TWh

La consommation finale à usage énergétique s’élève donc à 1 532 TWh contre 1 618 TWh en 2021 dans notre pays. Une baisse « plus modeste » toutefois après correction des variations climatiques (1,6 %) note le SDES, mais qui s’avère « continue » depuis une décennie (- 5,9 % par rapport à 2012). Elle diminue nettement dans l’industrie où elle se fixe à 281 TWh contre 311 TWh en 2021, soit une baisse de 11 %. Fortement exposés à la hausse des prix, les industriels ont réduit leurs consommations de gaz (19,7 %), de produits pétroliers (- 10,6 %) et d’électricité (- 3,4 %). Dans les bâtiments résidentiels et tertiaires, la consommation finale s’élève à à 686 TWh, en baisse de 1,5 %. La diminution de la consommation est particulièrement marquée dans le résidentiel avec une baisse de 2,6 % une fois corrigée du climat. « À températures équivalentes, la consommation de gaz dans les logements diminue de 4,8 % en 2022 tandis que celle d’électricité baisse de 4,1 % » indique le SDES. La consommation d’énergie dans les transports augmente de 4 % en 2022.

– 2,8 %

Les émissions de CO2 liées à l’énergie diminuent « moins fortement » que la consommation primaire : – 2,9 % par rapport à 2021 et – 8,8 % par rapport à 2019. Une baisse modérée si l’on tient compte des baisses importantes de consommations dans le secteur industriel et des bâtiments mais qui s’explique par une hausse de la consommation dans le secteur des transports. « Les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie en France métropolitaine atteignent 4,1 tonnes par habitant en 2022 » indique le SDES.

50,3 %

En 2022, le taux d’indépendance énergétique de la France baisse de 4,8 % pour s’établir à 50,3 %. En cause : la production primaire d’énergie qui diminue davantage que la consommation primaire, amenant à un recours plus important aux exportations. Pour la première fois depuis 1980, la France est importatrice nette d’électricité (15 TWh contre – 45 TWh en 2021). Les achats de pétrole augmentent (+ 20,7 %) , tout comme ceux des biocarburants (+ 18,5 %).

20,7 %

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France s’élève à 20,7 % en 2022, selon les données provisoires. Elle progresse de 1,4 % par rapport à 2021. En 2022, la production primaire d’énergies renouvelables s’élève à 326 TWh, soit 26 % de la production primaire d’énergie en France. Les principales filières sont la biomasse (35 %), l’hydraulique renouvelable (14 %), les pompes à chaleur (13 %), l’éolien (12 %) et les biocarburants (7 %).

640 TWh

Les entrées nettes de gaz naturel en France métropolitaine s’établissent à 640 TWh, soit une hausse  importante de plus de 22 %. La volonté de sécuriser les stocks pendant l’hiver et l’objectif de 100 % fixé par le gouvernement a fait augmenter les importations malgré une baisse de la consommation particulièrement marquée lors du dernier trimestre 2022. La physionomie des importations a également changé puisque les importations de GNL ont augmenté de 103 % et les exportations vers les pays limitrophes de 82 %. En 2022, les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de gaz de la France (25 %) alors qu’ils ne représentaient que 6 % du gaz importé en 2021, suivis par la Norvège (22 %) et la Russie (15 %).

6,9 TWh 

En France, le biométhane injecté dans les réseaux gaziers représente 6,9 TWh à la fin de l’année 2022, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près de 600 000 logements. 514 unités sont en service, dont 149 ont été mises en route en 2022, représentant une puissance installée 9 TWh par an. Selon le SDES, à la fin de l’année 2022, la capacité des 892 projets, qu’il s’agisse d’installations nouvelles ou d’une augmentation de capacité d’une installation existante en file d’attente, est de 16,17 TWh par an, en diminution de 17 % par rapport à fin 2021.