France 2030 : l’État soutient six nouveaux projets pour accélérer le développement de navires bas carbone

Transport maritime
25/08/2026
5 min

Six nouveaux projets de décarbonation du transport maritime vont bénéficier de 21,4 millions d’euros de soutien public dans le cadre de France 2030, a annoncé le gouvernement le 24 août. Propulsion vélique, motorisation au biométhane, chaînes multi-énergie et électrification portuaire figurent parmi les technologies retenues.

Par Gaz d’aujourd’hui 

À l’issue de la deuxième relève de l’appel à projets « Corimer navire bas carbone », l’État a retenu six nouveaux lauréats, qui se partageront 21,4 millions d’euros d’aides dans le cadre de France 2030. Lancé en janvier 2025, l’appel à projets vise à accélérer le développement et l’industrialisation en France de technologies permettant de réduire rapidement et durablement les émissions du transport maritime. Le programme est porté par le Conseil d’orientation pour la recherche et l’innovation des industriels de la mer (Corimer), piloté par le secrétariat général pour l’investissement (SGPI) et opéré par l’Ademe.

Dix-sept dossiers déposés

Pour cette deuxième relève, 17 dossiers ont été déposés et six projets sélectionnés. Une mobilisation que le gouvernement présente comme le signe d’une montée en puissance de la filière française des technologies maritimes bas carbone. Les projets retenus couvrent plusieurs briques technologiques : propulsion vélique, chaînes énergétiques multi-énergie, réduction de la consommation grâce au traitement du biofiouling, moteur maritime gazeux innovant et électrification des activités portuaires et côtières. L’objectif n’est pas seulement environnemental. À travers France 2030, l’État entend également favoriser l’apparition de capacités industrielles sur le territoire, structurer une chaîne de valeur nationale et limiter la dépendance à des technologies étrangères dans un marché mondial de la décarbonation maritime appelé à croître fortement. « Avec ce dispositif, nous faisons de la décarbonation du maritime un projet industriel stratégique », souligne Sébastien Martin : le ministre délégué chargé de l’Industrie met notamment en avant les 17 candidatures reçues, qui témoignent selon lui de la structuration d’« une filière maritime innovante, créatrice d’emplois et de souveraineté industrielle ».

28,2 millions d’euros engagés depuis 2025

Cette nouvelle enveloppe porte à neuf le nombre de projets soutenus depuis le lancement de « Corimer navire bas carbone ». La première relève avait permis de sélectionner trois projets, pour un soutien public de 6,8 millions d’euros. Au total, 28,2 millions d’euros ont donc été engagés par France 2030 au titre du dispositif. Pour Philippe Tabarot, ministre des Transports, les technologies sélectionnées montrent l’étendue des solutions désormais envisagées pour réduire l’empreinte carbone de la flotte. « De la propulsion vélique à la motorisation biométhane, en passant par l’électrification des activités portuaires, ces projets illustrent l’excellence et la diversité de l’innovation française. »

Le gouvernement rapproche cette dynamique de celle observée sur un autre dispositif destiné à la décarbonation du transport et des services maritimes, financé par les recettes du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS maritime). Lancé le 2 avril, cet appel à projets a recueilli 92 candidatures à sa clôture, le 6 juillet.

Des technologies appelées à essaimer dans toute la filière

Au ministère de la Mer, l’enjeu est également de favoriser le transfert des technologies entre les différentes composantes du secteur maritime. Catherine Chabaud, ministre en charge, estime ainsi que les solutions développées initialement pour la marine marchande pourront ensuite trouver des débouchés dans la pêche, la plaisance ou encore la marine nationale. Une logique de mutualisation également défendue par le Corimer. Sa présidente, Marie Thabard, voit dans les six nouveaux projets une illustration du « dynamisme de notre écosystème d’innovation sur différents leviers de décarbonation ».

La prochaine étape sera celle de l’industrialisation et du passage à l’échelle. Car derrière les objectifs de réduction des émissions, l’État affiche une deuxième ambition : faire de la transition énergétique des navires un moteur de réindustrialisation et positionner les équipementiers et chantiers français sur le marché européen du maritime bas carbone.

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