Énergie : le second front de la guerre au Moyen-Orient

Crise énergétique
13/04/2026
10 min
Partout dans le monde, les gouvernements s’organisent. En Asie, plusieurs pays rationnent le gaz ou plafonnent la climatisation. En Europe, des mesures fiscales et des soutiens ciblés sont déployés pour amortir le choc sur les ménages. ©Shutterstock

Par-delà les lignes de front, la guerre déclenchée fin février au Moyen-Orient a ouvert un second théâtre, tout aussi stratégique : celui de l’énergie. En quelques semaines, la paralysie du détroit d’Ormuz, artère vitale des échanges mondiaux d’hydrocarbures, a provoqué ce que l’Agence internationale de l'énergie qualifie déjà de « crise énergétique la plus grave de l’histoire ». « En 44 jours, notre facture d’importation de combustibles fossiles a augmenté de plus de 22 milliards d’euros — sans une seule molécule d’énergie supplémentaire » a alerté ce 13 avril la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une crise systémique, aux répercussions économiques, industrielles et géopolitiques mondiales.

Par Laura Icart

Frappes ciblées, infrastructures paralysées, marchés sous tension : un mois et demi après le début du conflit au Moyen-Orient, la crise énergétique s’installe dans la durée. Raffineries, dépôts pétroliers et terminaux gaziers sont devenus des cibles militaires. Alors qu’un cessez-le-feu semblait se dessiner ces derniers jours, les négociations sont aujourd’hui au point mort. La situation reste particulièrement préoccupante autour du détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures, dont la fermeture partielle perturbe fortement les flux énergétiques. Selon plusieurs décomptes, près de 75 sites ont été endommagés, dont une trentaine gravement. Une situation inédite qui pousse l’Agence internationale de l'énergie à évoquer « la crise énergétique la plus grave de l’histoire ».

Un détroit stratégique

Long de quelques dizaines de kilomètres à son point le plus étroit, le détroit d’Ormuz concentre...

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