Crise énergétique : face au choc pétrolier, les États multiplient les mesures d’urgence

GÉOPOLITIQUE
02/11/2026
12 min
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le 28 février 2026, les marchés pétroliers subissent d’importantes perturbations. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), près de 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers transitaient chaque jour par le détroit d’Ormuz avant la guerre, soit environ 20 % de la consommation mondiale. ©Shutterstock

Télétravail imposé, rationnement des carburants, restrictions des déplacements, soutien aux consommateurs : la guerre au Moyen-Orient bouleverse les politiques énergétiques à travers le monde. Dans un suivi actualisé le 21 octobre 2026, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) recense les réponses adoptées par les gouvernements pour faire face aux perturbations des approvisionnements. Au-delà des mesures d'urgence, la crise révèle les inégalités de dépendance aux hydrocarbures et les enjeux stratégiques de sécurité énergétique.

Par Laura Icart

La crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient continue de peser sur l'économie mondiale. Depuis le déclenchement du conflit, le 28 février dernier, les perturbations des exportations pétrolières et gazières du Golfe ont contraint de nombreux gouvernements à intervenir pour limiter les conséquences économiques de la hausse des prix et des difficultés d'approvisionnement. L'ampleur du choc est exceptionnelle. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) le présente comme la plus importante perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier mondial. Au cœur de cette crise figure le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transitaient, avant le conflit, environ 20 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers par jour, soit l'équivalent de près de 20 % de la consommation mondiale. La désorganisation du trafic maritime, les attaques contre les infrastructures énergétiques et l'augmentation des coûts de transport ont profondément modifié les échanges internationaux d'hydrocarbures. Malgré une reprise partielle des exportations du Golfe ces derniers mois, les tensions sur les marchés restent élevées. « Les prix du pétrole et des produits raffinés continuent d'exercer une pression sur l'activité économique. Le diesel est particulièrement touché, avec des conséquences directes pour les transports, l'agriculture, l'industrie et les chaînes logistiques », indique l’AIE dans son rapport publié fin octobre.

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