Captage du CO₂ : l’Académie des technologies appelle la France à accélérer pour ne pas rater le virage industriel

DÉCARBONATION
08/10/2026
9 min

Dans un rapport publié cette semaine, l’Académie des technologies alerte sur le retard français dans le captage, le transport et le stockage du CO₂. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, elle estime nécessaire de développer une filière capable de capter 30 millions de tonnes de CO₂ par an, dont 24 millions destinées au stockage géologique. Un défi technologique, industriel et politique qui suppose des investissements dès cette décennie.

Par Laura Icart

La France ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques en misant uniquement sur la réduction de ses émissions et sur ses forêts. C’est l’un des principaux constats dressés par l’Académie des technologies dans son rapport "Le rôle du captage du CO₂ dans la trajectoire française de décarbonation", publié en avril 2026 sous la direction de Florence Delprat-Jannaud. L’institution estime que le captage, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone devront occuper une place croissante dans la stratégie nationale de décarbonation. Ces technologies, regroupées sous les acronymes CCS (captage et stockage) et CCU (captage et utilisation), sont notamment destinées aux activités industrielles dont certaines émissions restent difficiles à éliminer, ainsi qu’à la production de carburants de synthèse.

Le calendrier apparaît serré. Alors que plusieurs technologies de captage industriel sont déjà matures, la France ne dispose pas encore, selon le rapport, d’infrastructures de transport du CO₂. La construction d’une chaîne industrielle complète reste donc largement à engager.

Un besoin de stockage de 24 millions de tonnes par an en 2050

L’Académie propose une...

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