Quatre infos à retenir cette semaine

04/10/2026
6 min

Les tensions sur les approvisionnements pétroliers conduisent les pays de l’AIE à mobiliser une partie de leurs réserves stratégiques, tandis que la France poursuit le développement de ses infrastructures hydrogène et de ses offres de gaz et d’électricité renouvelables. Dans le même temps, le gouvernement lance un nouveau dispositif pour accélérer l’installation de pompes à chaleur chez les ménages modestes.

 

Par Gaz d’aujourd’hui

Près d’un sixième des réserves stratégiques de pétrole de l’AIE écoulées depuis mars

Depuis mars, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont déjà puisé largement dans leurs réserves stratégiques pour tenter d’amortir les tensions sur le marché pétrolier. Sur les 400 millions de barils dont la libération avait été décidée par le G7 le 11 mars, 325 millions ont déjà été écoulés, soit plus de 80 % de l’enveloppe initiale et environ 18 % des 1,8 milliard de barils de stocks d’urgence et de réserves industrielles obligatoires recensés à l’époque par l’AIE. Le rythme des prélèvements a toutefois nettement ralenti : 290 millions de barils avaient été libérés entre mars et le 21 juillet, contre seulement 35 millions supplémentaires depuis. Cette mobilisation intervient alors que les approvisionnements restent fragilisés à la fois par les perturbations dans le détroit d’Ormuz et par les attaques visant les infrastructures énergétiques russes. Face à la flambée des prix des carburants, le G7 a annoncé une nouvelle libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, avec un effort concentré sur le diesel dans les premières semaines. Une décision qui intervient aussi dans un calendrier politique sensible aux États-Unis, à quelques semaines des élections de mi-mandat, où la hausse des prix à la pompe s’est imposée comme un sujet central de campagne.

Natran lance la concertation sur Hy-Fen, sa future dorsale hydrogène de 820 km

Natran ouvre ce 28 septembre 2026 la concertation préalable sur Hy-Fen, son projet de dorsale nationale de transport d’hydrogène renouvelable et bas carbone entre le sud et le nord de la France. Longue d’environ 820 kilomètres, l’infrastructure doit relier les Bouches-du-Rhône à la Moselle jusqu’à la frontière allemande, en desservant notamment Fos-sur-Mer, la Vallée de la chimie et le Grand Est. Intégré au projet européen H2med, Hy-Fen est conçu pour acheminer jusqu’à 2 millions de tonnes d’hydrogène par an et connecter sites de production, de stockage et grands bassins industriels. Natran estime que cette infrastructure pourrait contribuer à éviter environ 20 millions de tonnes de CO₂ par an en réduisant le recours aux énergies fossiles dans l’industrie. Le tracé reste à préciser à l’intérieur d’un fuseau de 4 à 5 kilomètres de large. La concertation, organisée sous l’égide de la commission nationale du débat public, se tiendra jusqu’au 20 décembre 2026 dans les cinq régions concernées : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est.

Gaz de Bordeaux concrétise ses ambitions et dépasse ses objectifs avec plus de 400 000 clients en France

Gaz de Bordeaux accélère sa diversification et confirme ses ambitions nationales. Le fournisseur, cinquième acteur du marché français du gaz et troisième sur le segment des professionnels, revendique désormais un portefeuille global de 420 000 clients particuliers et professionnels, porté notamment par la progression rapide de son offre d’électricité verte. En un an, le nombre de clients particuliers ayant souscrit une offre d’électricité renouvelable a été multiplié par quatre pour dépasser 120 000 contrats, soit 90 000 clients supplémentaires. Une dynamique qui place l’entreprise en avance sur sa feuille de route, avec l’objectif de compter davantage de clients en électricité verte qu’en gaz à l’horizon 2028. En parallèle, Gaz de Bordeaux poursuit la décarbonation de son activité historique : 25 % de ses clients particuliers en gaz disposent désormais d’une offre intégrant du biométhane, tandis que le fournisseur vise 40 % d’ici deux ans. Pour sécuriser ses approvisionnements, il travaille avec 52 unités de méthanisation françaises, majoritairement agricoles, dont il commercialise la totalité de la production, avec un objectif de 800 GWh injectés dans le réseau en 2028. Sur le marché professionnel, le groupe revendique 68 000 clients et 15 TWh de gaz vendus, confortant sa place de troisième fournisseur national sur ce segment. Une croissance qui s’accompagne, selon l’entreprise, d’une amélioration de la qualité de service, avec une note globale de 8,6 sur 10 au baromètre 2026 CLEEE/FNCCR-Territoire d’énergie.

Pompes à chaleur : le gouvernement veut équiper 55 000 ménages modestes en deux ans

Le gouvernement veut accélérer l’électrification du chauffage des ménages modestes avec le lancement, dès le 1er octobre, d’un dispositif de leasing pour les pompes à chaleur. Annoncée par la ministre déléguée à l’énergie, Maud Bregeon, cette première édition doit permettre l’installation de 55 000 équipements en deux ans, avec une aide moyenne de 9 800 euros par foyer, soit une enveloppe totale de 540 millions d’euros, financée par les certificats d’économies d’énergie (CEE). L’objectif est de lever le principal frein à l’achat, le coût initial, grâce à une offre intégrant installation, financement et maintenance, sans avance de trésorerie et avec la promesse d’une facture globale n’excédant pas l’ancienne facture de gaz ou de fioul pendant trois ans. Une fois l’équipement remboursé, le gouvernement estime que la facture de chauffage pourra être divisée par deux. Dans le même mouvement, l’exécutif prévoit de reconduire le chèque énergie en 2027 et d’avancer son versement à janvier, contre avril jusqu’ici : près de 4,5 millions de foyers devraient en bénéficier automatiquement, pour un montant moyen d’environ 150 euros.

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