Bruxelles desserre l’étau sur le marché carbone européen

Politiques publiques
20/07/2026
11 min
La vice-présidente exécutive Teresa Ribera et les commissaires Wopke Hoekstra et Dan Jørgensen ont présenté un plan d’action pour l’électrification visant à faire de l’Europe le premier continent alimenté à l’électricité, ainsi qu’un marché du carbone renforcé destiné à soutenir l’industrie de l’UE dans la transition vers une économie propre et l’électrification. ©CE-Service audiovisuel.

La Commission européenne a présenté ce 17 juillet sa réforme pour son marché carbone. Bruxelles propose de ralentir la diminution des quotas d’émission après 2030, de prolonger les allocations gratuites et de réorienter une part accrue des recettes du carbone vers l’investissement industriel. Une inflexion politique destinée à concilier l’objectif climatique de 2040 dans une période marquée par la hausse des coûts énergétiques, la concurrence américaine et chinoise, ainsi que par les difficultés de financement des investissements industriels bas carbone.

Par Laura Icart

Le système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne, ou SEQE-UE, restera aligné sur l’objectif de réduction de 90 % des émissions nettes de gaz à effet de serre à l’horizon 2040. Mais la Commission propose ce 17 juillet d’en modifier plusieurs paramètres afin d’éviter que la raréfaction des quotas ne devienne trop brutale pour les secteurs industriels les plus exposés. « La décarbonation est la meilleure stratégie pour l’Europe », a affirmé, vendredi, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera, lors de la conférence de presse consacrée à la réforme du marché carbone européen et au plan d’action pour l’électrification. Selon elle, cette politique doit permettre « de renforcer la compétitivité, de réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et de rendre nos économies plus résilientes ». Le message est autant économique que climatique. Alors que les entreprises européennes font face à des prix de l’énergie élevés et à une concurrence internationale accrue, Bruxelles tente de démontrer que sa politique carbone ne doit plus seulement être perçue comme une contrainte, mais aussi comme un instrument de financement et de souveraineté.

Depuis sa création en 2005, le marché carbone européen impose aux producteurs d’électricité, aux industries lourdes et, plus récemment, à certains opérateurs du transport de restituer un quota pour...

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