ETS2 : l’Europe prépare l’extension du prix du carbone, sous haute surveillance sociale

Politiques publiques
01/09/2026
14 min

Le nouveau marché européen du carbone appliqué aux bâtiments, au transport routier et à certains secteurs industriels entrera pleinement en vigueur en 2028. Derrière ce chantier technique se profile une question autrement plus politique : comment renchérir les énergies fossiles sans provoquer un nouveau choc de pouvoir d’achat ? En France, où le souvenir des « gilets jaunes » reste associé à la fiscalité des carburants, l’équation est particulièrement sensible.

Par Laura Icart 

L’Europe a repoussé l’entrée en vigueur de l’ETS 2 à 2028, mais le marché commence en réalité à se mettre en place dès maintenant en ne supprimant aucune des difficultés fondamentales. L’Europe doit simultanément envoyer un signal carbone suffisamment crédible pour accélérer les investissements, empêcher une volatilité excessive du marché, accompagner les ménages vulnérables et convaincre que les recettes générées seront effectivement réinvesties dans la transition. Nous sommes donc, en septembre 2026, à quelques mois seulement de la formation des premiers véritables signaux de prix ETS2.

Un arbitrage politique

Avec l’ETS2, l’Union européenne va étendre la tarification des émissions de CO₂ aux combustibles utilisés dans les bâtiments, au transport routier et à certains secteurs de petite industrie qui échappent aujourd’hui à l’ETS historique. Le système doit entrer pleinement en vigueur en 2028, après le report d’un an décidé par les Européens. Mais sa mise en place a déjà commencé : les entreprises concernées surveillent et déclarent leurs émissions depuis 2025 et le dispositif de vérification monte en puissance en 2026. L’enjeu est considérable. L’ETS2 doit contribuer à réduire de 42 % d’ici à 2030, par rapport à 2005, les émissions des secteurs qu’il couvre, là où les progrès enregistrés jusqu’à présent restent insuffisants pour placer l’Europe sur une trajectoire compatible avec la neutralité climatique en 2050. Mais le deuxième marché carbone européen sera aussi beaucoup plus proche du portefeuille des ménages que le premier. Car si les particuliers ne seront pas directement soumis à l’ETS2, le coût du carbone pourra se retrouver dans leurs factures de chauffage et à la pompe.

Un signal-prix pour accélérer la transition

D’un côté, Bruxelles temporise : report d’un an, réserve de stabilité renforcée, mécanisme...

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