Bruxelles ouvre le chantier explosif du partage des coûts des réseaux électriques

Électricité
28/05/2026
9 min
Selon l’ACER, les coûts unitaires des infrastructures énergétiques augmentent de plus de 6 % par an en termes réels depuis 2018. » Les coûts des pertes électriques liées aux flux transfrontaliers ont atteint 799 millions d’euros en 2024, après un pic de 1,2 milliard en 2023. ©Shutterstock

Face à l’envolée des besoins d’investissements dans les infrastructures électriques, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les objectifs climatiques européens, l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (Acer) plaide pour une refonte profonde du financement des réseaux transfrontaliers. Un débat hautement sensible pour les États membres, déjà confrontés à la flambée des prix de l’énergie et à la contrainte budgétaire.

Par Laura Icart 

Après  la guerre en Ukraine, puis les tensions persistantes au Moyen-Orient qui perturbent à nouveau les flux mondiaux d’hydrocarbures, Bruxelles se prépare désormais à un nouveau choc, moins visible mais potentiellement tout aussi coûteux : celui du financement des réseaux électriques européens. Dans une note stratégique publiée le 18 mai, l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (Acer) estime que les mécanismes actuels de partage des coûts des infrastructures transfrontalières ne sont plus adaptés aux besoins du continent.

Une Europe électrique sous pression géopolitique

La publication intervient dans un contexte explosif. Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient en février, le trafic dans le détroit d’Ormuz — passage stratégique par lequel transitait auparavant près de 20 % du pétrole mondial — reste fortement perturbé. Cette situation entretient une forte volatilité sur les marchés énergétiques. Les prix européens du gaz demeurent très sensibles aux tensions géopolitiques, alors même que l’Union européenne tente de réduire durablement sa dépendance aux importations fossiles russes. Selon la...

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