CEE : le gouvernement sacrifie-t-il l’accompagnement des plus précaires et la rénovation des bâtiments publics ?

POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE
30/10/2026
14 min
À Louargat (Côtes-d’Armor), le programme Actee a accompagné la rénovation énergétique de l’école, un chantier de 1,5 million d’euros associant isolation extérieure en laine de bois et remplacement du chauffage électrique par des pompes à chaleur. Résultat : 75 % d’économies d’énergie pour la maternelle, avec une température de 28 °C lors des épisodes de canicule de l’été 2026.

Le gouvernement a décidé de ne pas reconduire plusieurs programmes financés par les certificats d’économies d’énergie (CEE), dont Actee, consacré à la rénovation des bâtiments publics, et trois dispositifs de lutte contre la précarité énergétique. Un arbitrage politique assumé au nom de l’électrification des usages, mais vivement contesté par les collectivités et les associations, qui redoutent un recul de l’accompagnement des ménages les plus fragiles et un ralentissement des rénovations.

Par Laura Icart

C'est un choix politique qui provoque une levée de boucliers. Le gouvernement a décidé de ne pas renouveler au moins cinq programmes financés par les certificats d'économies d'énergie (CEE), selon des informations révélées le 28 octobre par Politico et confirmé depuis par l’exécutif auprès des acteurs concernés. Parmi les dispositifs concernés figurent Actee, qui accompagne les collectivités dans la rénovation énergétique de leurs bâtiments, mais aussi Toits d'abord, Territoires zéro exclusion énergétique et Slime, destinés à soutenir les ménages les plus précaires. Une décision dénoncée par les structures porteuses de ces programmes, qui déplorent un arbitrage pris sans concertation, au détriment de l'accompagnement des collectivités et des foyers les plus vulnérables. En cause : la volonté de l'exécutif de réorienter les CEE vers l'électrification des usages, notamment les pompes à chaleur et la mobilité électrique. Une stratégie destinée à réduire la dépendance aux énergies fossiles, mais qui soulève une question : peut-on accélérer l'électrification tout en réduisant les moyens consacrés à la sobriété, à la rénovation globale et à l'accompagnement des publics vulnérables ?

Précarité énergétique : trois programmes d’accompagnement menacés

La première inquiétude concerne les conséquences sociales de cet arbitrage. Trois programmes sont particulièrement visés : Slime, Territoires zéro exclusion énergétique et Toits d'abord. Leurs structures porteuses, aux côtés de l'opérateur Soliha, dénoncent dans un communiqué commun publié le 29 octobre une décision prise sans concertation, susceptible d'exclure les ménages les plus précaires des politiques de transition énergétique. Ces dispositifs interviennent précisément auprès des publics qui rencontrent le plus de difficultés à accéder aux aides publiques. Le programme Slime, porté par Cler solutions et mis en œuvre par les collectivités, permet notamment de...

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