ETS2 : l’Europe prépare l’extension du prix du carbone, la France sous haute surveillance

Politiques publiques
01/09/2026
13 min

Le nouveau marché européen du carbone appliqué aux bâtiments, au transport routier et à certains secteurs industriels entrera pleinement en vigueur en 2028. Derrière ce chantier technique se profile une question autrement plus politique : comment renchérir les énergies fossiles sans provoquer un nouveau choc de pouvoir d’achat ? En France, où le souvenir des « gilets jaunes » reste associé à la fiscalité des carburants, l’équation est particulièrement sensible.

Par Laura Icart 

L’Europe a repoussé l’entrée en vigueur de l’ETS 2 à 2028, mais le marché commence en réalité à se mettre en place dès maintenant en ne supprimant aucune des difficultés fondamentales. L’Europe doit simultanément envoyer un signal carbone suffisamment crédible pour accélérer les investissements, empêcher une volatilité excessive du marché, accompagner les ménages vulnérables et convaincre que les recettes générées seront effectivement réinvesties dans la transition. Nous sommes donc, en septembre 2026, à quelques mois seulement de la formation des premiers véritables signaux de prix ETS2.


D’un côté, Bruxelles temporise : report d’un an, réserve de stabilité renforcée, mécanisme autour des 45 euros et fonds social pour protéger les ménages. De l’autre, elle accélère la préparation opérationnelle : reporting déjà engagé, vérification des émissions, ouverture des comptes, financement du fonds social et surtout premières enchères dès janvier 2027. Pour la France, l’angle devient particulièrement intéressant : après l’expérience des « gilets jaunes », Paris dispose de 9,7 milliards d’euros pour tenter de démontrer qu’un prix du carbone peut être accompagné d’investissements suffisamment visibles pour éviter une nouvelle fracture sociale

Une affaire politique

Avec l’ETS2, l’Union européenne va étendre la tarification des émissions de CO₂ aux combustibles utilisés dans les bâtiments, au transport routier et à certains secteurs de petite industrie qui échappent aujourd’hui à l’ETS historique. Le système doit entrer pleinement en vigueur en 2028, après le report d’un an décidé par les Européens. Mais sa mise en place a déjà commencé : les entreprises concernées surveillent et déclarent leurs émissions depuis 2025 et le dispositif de vérification monte en...

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