Marché du CO₂ : deux think tanks appellent Bruxelles à réarmer le marché européen pour financer la transition

Europe
16/07/2026
14 min
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L’Institut Montaigne et l’Institut Jacques Delors dressent un diagnostic convergent : l’Europe ne manque ni d’objectifs climatiques ni d’instruments de marché, mais elle peine encore à transformer ces outils en investissements industriels. Le premier propose de refondre le marché de l’électricité pour attirer davantage de capitaux privés. Le second veut orienter une part bien plus importante des recettes du carbone vers la décarbonation des usines.

Par Laura Icart 

Le problème énergétique européen n’est plus seulement celui du prix du gaz, de la production électrique ou du niveau des émissions. Il devient celui du financement de la transformation du continent. Deux études publiées à quelques jours d’intervalle par l’Institut Montaigne et l’Institut Jacques Delors placent cette question au centre de leurs propositions pour la prochaine séquence de réformes européennes dont la première, celle de l’ETS1, sera présentée demain par la Commission. L’Institut Montaigne s’intéresse à l’architecture du marché de l’électricité, tandis que l’Institut Jacques Delors analyse le fonctionnement du système européen d’échange de quotas d’émission, l’EU ETS. Mais leurs conclusions se rejoignent : les mécanismes actuels donnent un prix à l’électricité et au carbone sans parvenir à mobiliser, à l’échelle nécessaire, les investissements privés et publics indispensables à la décarbonation. « Le débat sur l’ETS a dépassé le cadre du climat. Aujourd’hui, c’est véritablement un sujet industriel et commercial" souligne Neil Makaroff, directeur de Strategic Perspectives et chercheur associé à la Fondation Jean-Jaurès lors d'un échange avec la presse. " La France a quasiment tout à gagner à un ETS qui fonctionne bien et à un prix du CO₂ élevé, parce qu’elle est aujourd’hui en train d’attirer les usines de la transition, qui lui permettent de réindustrialiser une partie de son économie. »

Des centaines de milliards à mobiliser

Les deux études rappellent l’ampleur du besoin de financement. Pour la seule industrie européenne, le rapport Draghi estimait à environ 500 milliards d’euros entre 2025 et 2040, soit près de 33 milliards par an, le déficit d’investissement dans la décarbonation. Dans l’électricité, les engagements publics sont déjà considérables. En France, les contrats de soutien aux productions décarbonées représentaient entre 113 et 167 milliards d’euros à la fin de 2024, selon les hypothèses de...

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