En Gironde, les biodéchets deviennent gaz vert, CO₂ pour les serres et fertilisant pour les champs

Territoires
19/06/2026
14 min
La plateforme Terres d’Aquitaine exploitée par SUEZ depuis 2006 est dédiée à la valorisation des déchets organiques : biodéchets issus des grandes surfaces, des collectivités, des industries agro-alimentaires, ainsi que les résidus agricoles produits sur le territoire aquitain. ©Suez

À Saint-Selve, au sud de Bordeaux, la plateforme Terres d’Aquitaine pousse la méthanisation jusqu’au bout de sa logique circulaire. Restes alimentaires, résidus agricoles et déchets de l’agroalimentaire y sont transformés en biométhane, en CO₂ biogénique et en amendements pour les sols. Un modèle industriel profondément ancré dans son territoire. Reportage.

Par Laura Icart 

Casques blancs sur la tête, gilets fluorescents ajustés sur les épaules, les visiteurs s’engagent sur les chemins de la plateforme Terres d’Aquitaine. En cette fin de journée, les engins se sont tus. Mais derrière les cuves, les tuyaux et les bâtiments, le processus biologique, lui, ne s’arrête jamais vraiment. « L’important, c’est de rester groupés », prévient-on avant le départ de la visite. Le site est à l’arrêt pour les opérations visibles, notamment le tri des biodéchets, mais ses digesteurs poursuivent leur travail silencieux. À l’intérieur, des milliards de bactéries transforment les matières organiques en énergie et en ressources agricoles.

Boucler la boucle

Ici, à Saint-Selve, en Gironde, la méthanisation ne se résume pas à produire du gaz vert. Suez entend valoriser presque tout ce qui entre sur la plateforme, depuis le contenu des assiettes jusqu’au carbone et aux éléments fertilisants contenus dans les biodéchets. « On va jusqu’au bout de la valorisation : biométhane, CO₂ et digestat », résume Gérard Téboul, directeur général, branche organique, Suez recyclage et valorisation France. Terres d’Aquitaine est présentée comme « la vitrine française » de l’industriel qui exploite déjà la plus grande unité de méthanisation de France sur la station d’épuration Seine Aval, située à dans les Yvelines et près de 80 unités de méthanisation dans le monde. Suez valorise 8,7 millions de tonnes de déchets chaque année, sous forme de matière ou d’énergie.

De l’assiette au champ

Sur le site, environ un tiers des matières réceptionnées provient de l’agriculture : résidus de récolte, issues de silos ou matières végétales impropres à leur usage initial. Les deux autres tiers sont constitués de biodéchets issus des ménages, de la grande distribution, de la restauration et des industries agroalimentaires. La plupart de ces flux sont collectés à proximité. Selon les responsables du site, environ les trois quarts des matières entrantes viennent de Gironde ou des départements limitrophes. Les...

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