Valoriser ou stocker : le grand arbitrage du CO₂ capté

Prospective
24/06/2026
9 min
Stocker ou valoriser ? Derrière les technologies de captage du carbone, l'Europe doit trancher entre deux visions industrielles. Un arbitrage stratégique pour une technologie appelée à contribuer jusqu'à 10 à 15 % des réductions d'émissions nécessaires à la neutralité carbone d'ici 2050.

Le choix entre le stockage géologique permanent du CO₂ (CCS) ou sa valorisation en ressource (CCU) constitue désormais un arbitrage stratégique majeur. Entre l’impératif de décarbonation et les enjeux de compétitivité, les industriels doivent naviguer au milieu des inconnues sur le financement, la technologie et l’avenir de la filière.

Par Valentin Ehkirch 

Quel sera l’avenir d’une molécule de CO₂ à l’horizon 2050 ? Condamnée à tout jamais dans les profondeurs de la mer du Nord ou utilisée comme matière première dans une série de procédés industriels ? C’est en substance la question qui se pose actuellement pour les plus gros émetteurs de CO₂ en Europe. Dans le défi de la décarbonation du monde industriel, le captage et le stockage de CO₂ est devenu une solution impérieuse pour une partie des acteurs. Ces dernières années, le Giec et l’Agence internationale de l’énergie ont reconnu l’importance de ces procédés pour éviter les rejets dans l'atmosphère et atteindre la neutralité carbone en 2050 et, selon leurs projections, ce levier permettrait d’atteindre 10 à 15 % de l’objectif d’ici la moitié du siècle.

Des objectifs de captage ambitieux

En France, le projet de stratégie nationale bas carbone (SNBC) fixe des objectifs clairs : capter 4 à 8 millions de tonnes de CO₂ par an d’ici à 2030, puis entre 20 et 30 à l’horizon 2050. À court terme, le but est d’aider les industriels dans la réduction de leurs émissions fatales : pour des secteurs comme le ciment, la papeterie...

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