L’injection de biométhane se stabilise à 3,6 TWh au premier trimestre 2026

Biogaz
11/06/2026
7 min
Au 31 mars 2026, 1 227 projets étaient en file d’attente de raccordement, représentant une capacité totale de 20,8 TWh par an. Par rapport à la fin de l’année 2025, le nombre de projets progresse de 10 % et leur capacité de 11 %.

Le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique a publié en mai son tableau de bord du biométhane injecté dans les réseaux gaziers. Au 31 mars, la France comptait 823 installations injectant du biométhane, pour une capacité maximale de production de plus de 16 TWh par an, en progression de 8 % par rapport à la fin de l’année 2024. La production trimestrielle poursuit sa progression et confirme la montée en puissance de la filière, même si le rythme de développement des nouvelles capacités reste inférieur à celui observé l’année précédente.

Par Gaz d’aujourd’hui

La filière française du biométhane continue de gagner du terrain, portée par un portefeuille de projets toujours plus important. Selon le dernier tableau de bord publié par le SDES, 823 installations injectaient du biométhane dans les réseaux de gaz naturel au 31 mars 2026, contre 803 trois mois plus tôt. La capacité maximale du parc atteint désormais 15,9 TWh par an, soit une progression de 1 % depuis la fin de l’année 2025. Cette évolution confirme la poursuite du développement du biométhane en France, même si le rythme des nouvelles mises en service ralentit sensiblement par rapport aux années précédentes.

Une production trimestrielle stable à un niveau élevé

Au premier trimestre 2026, les installations françaises ont injecté 3,6 TWh de biométhane dans les réseaux gaziers. Ce volume est stable par rapport au quatrième trimestre 2025 mais progresse de 14 % par rapport au premier trimestre 2025. Le biométhane représente ainsi 3,3 % des injections totales de gaz sur le réseau français au cours du trimestre. Cette progression s’inscrit dans la trajectoire de développement de la filière, même si les niveaux actuels restent encore éloignés des ambitions fixées par la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui vise 44 TWh injectés par an à l’horizon 2030, soit l’équivalent de 11 TWh par trimestre.

Des raccordements en baisse

Le premier trimestre 2026 a vu l’entrée en service de 20 nouvelles installations, représentant 217 GWh de capacité supplémentaire. « Ce rythme apparaît nettement inférieur à celui observé un an plus tôt » indique le SDES. Au premier trimestre 2025, 28 nouvelles unités avaient été raccordées pour une capacité de 432 GWh par an. En un an, le nombre de nouvelles installations recule ainsi de 29 %, tandis que les capacités nouvellement installées diminuent de moitié. Cette tendance confirme le ralentissement observé depuis 2024, après plusieurs années de forte accélération du marché.

Les unités de méthanisation dominent toujours largement le parc

La méthanisation reste de loin la principale technologie de production de biométhane en France. Au 31 mars 2026, les méthaniseurs représentent 737 installations, soit 90 % du parc national, et concentrent 92 % des capacités installées avec 14,5 TWh par an. Les stations d’épuration (step) représentent 5 % de la capacité totale du parc, tandis que les installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND) en concentrent environ 3 %. Cette structure du parc reste globalement inchangée depuis plusieurs années, malgré l’émergence progressive de nouvelles technologies de production de gaz renouvelable.

Un tissu dense de petites unités agricoles

La spécificité française demeure la place importante des petites installations. Près de la moitié des sites en exploitation (47 %) affichent une capacité inférieure à 15 GWh par an. Ces 384 installations ne représentent toutefois que 24 % de la capacité totale installée. À l’inverse, les 88 unités dépassant 30 GWh par an concentrent à elles seules près de 4,9 TWh de capacité, soit 31 % du potentiel national. Cette répartition illustre le modèle de développement français, fondé à la fois sur un maillage important d’unités agricoles territoriales et sur un nombre plus limité d’installations de grande taille. Un modèle appelé néanmoins à évoluer puisque de plus en plus de projets de grande taille (plus de 25 GWh) font leur entrée dans le registre de capacités. Des projets dépendants aujourd’hui de la mise en place des certificats de production de biogaz et de la publication d’un décret fixant les trajectoires au-delà de l’année 2028.

Quatre régions concentrent plus de la moitié du biométhane français

Le développement du biométhane demeure fortement concentré dans quelques territoires. Le Grand Est, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne regroupent à eux seuls 54 % des capacités installées et 55 % des volumes injectés au premier trimestre 2026. Le Grand Est conserve sa position de première région productrice avec près de 3 TWh de capacité installée, devant les Hauts-de-France (2,5 TWh) et la Nouvelle-Aquitaine (1,7 TWh). Ces territoires bénéficient d’un fort potentiel agricole ainsi que d’un écosystème particulièrement favorable au développement de la méthanisation. À l’inverse, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire et Occitanie ne représentent ensemble que 14 % des capacités nationales. Comme les années précédentes, aucune injection de biométhane n’est recensée en Corse ou dans les territoires ultramarins, faute de réseau de gaz naturel.

Panorama régional des projets inscrits au registre de capacités et des capacités installées au cours du premier trimestre 2026

Plus de 20 TWh de projets en attente de raccordement

Le principal moteur de croissance de la filière reste toutefois la dynamique des projets inscrits au registre de capacités. Au 31 mars 2026, 1 227 projets étaient en file d’attente de raccordement, représentant une capacité totale de 20,8 TWh par an. Par rapport à la fin de l’année 2025, le nombre de projets progresse de 10 % et leur capacité de 11 %. Près de 140 nouveaux projets ont été enregistrés au cours du premier trimestre 2026, contre seulement 69 sur la même période de 2025. La capacité associée à ces nouveaux projets atteint 2,5 TWh par an, soit une progression spectaculaire de 169 % en un an. Parallèlement, huit projets de production de biométhane hors méthanisation, reposant notamment sur la pyrogazéification, sont actuellement à l’étude, pour une capacité supplémentaire de 412 GWh par an.

Malgré le ralentissement des mises en service observé depuis deux ans, les indicateurs du SDES témoignent d’une filière qui continue de se structurer. La stabilité de la production à un niveau élevé, l’augmentation du nombre d’installations en exploitation et surtout la croissance rapide du portefeuille de projets suggèrent que le biométhane poursuivra son développement dans les prochaines années.

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