BRGM et Ifpen renforcent leur coopération sur le captage du CO2, la géothermie et l’hydrogène

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04/06/2026
4 min

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et IFP énergies nouvelles (Ifpen) ont signé un accord-cadre de partenariat d’une durée de cinq ans afin de renforcer leur coopération dans plusieurs domaines liés à la transition énergétique, ont annoncé les deux établissements jeudi. L’accord vise à mieux coordonner les projets menés en commun sur le captage et le stockage du CO2, la géothermie profonde, l’hydrogène ainsi que la modélisation des environnements géologiques profonds.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

L’accord, signé par Catherine Lagneau, présidente-directrice générale du BRGM, et Pierre-Franck Chevet, président-directeur général d’Ifpen, vise à coordonner les projets de recherche et d’innovation autour du captage et du stockage du CO2 (CCS), de la géothermie profonde, de l’hydrogène ainsi que de la modélisation des environnements géologiques profonds.

Le sous-sol au cœur des stratégies de décarbonation

Au-delà de la coopération scientifique, ce rapprochement illustre la place croissante accordée aux ressources du sous-sol dans les politiques énergétiques françaises et européennes. Les technologies de stockage géologique du CO2 sont considérées comme un levier indispensable pour décarboner certaines industries lourdes, tandis que la géothermie profonde apparaît comme une source d’énergie renouvelable susceptible de contribuer à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. L’hydrogène bas carbone constitue également un axe majeur de développement, notamment pour les usages industriels et les secteurs difficiles à électrifier. Pour Catherine Lagneau, ce partenariat doit permettre de « favoriser les synergies entre les deux établissements » et d’assurer une meilleure complémentarité entre leurs projets respectifs. Il contribuera également à renforcer le rôle du BRGM comme service géologique national et acteur de référence de la communauté scientifique et industrielle spécialisée dans la connaissance et l’exploitation du sous-sol.

Un potentiel estimé jusqu’à 1,1 milliard de tonnes de CO2

L’inventaire des sites de stockage du CO2 réalisé par neuf entités publiques et privées (BRGM, Akkodis, Avenia, CVA, Geostock, Ifpen, Teréga, TotalEnergies et l’université de Lorraine) sous l’égide de la DGEC et avec l’appui de l’Agence de la transition écologique (Ademe), dans le cadre d’une obligation fixée par le Net Zero Industry Act (NZIA) a été publiée l’année dernière. À l’horizon 2030, la stratégie française sur les technologies de capture, stockage et valorisation du carbone (CCUS) envisage le développement de capacités de stockage sur le territoire métropolitain. Selon une étude « EvastoCO2 », menée par neuf entités nationales spécialistes du sous-sol et publiée le 13 février, la France pourrait stocker dans ses sous-sols jusqu’à 1,1 milliard de tonnes de CO2. Cinq régions françaises disposant de plusieurs poches géologiques « adaptées » au stockage massif de COsont principalement concernées : la façade atlantique, les Bassins parisien, lorrain, aquitain et le Sud-Est.

Un contexte marqué par la quête de souveraineté

L’accord intervient alors que le gouvernement français multiplie les initiatives pour mieux connaître et valoriser les ressources géologiques du territoire. En février 2025, le BRGM s’est vu confier un vaste programme de cartographie et d’exploration visant à identifier, dans cinq grandes régions françaises, les zones les plus prometteuses pour l’exploitation de ressources minérales stratégiques. Cette campagne doit permettre d’évaluer le potentiel national en métaux critiques indispensables aux filières de la transition énergétique, comme le lithium, le tantale ou encore certaines terres rares.

Le rapprochement entre les deux organismes repose sur des expertises complémentaires. Le BRGM intervient notamment sur la connaissance du sous-sol, la gestion des ressources géologiques et les usages énergétiques associés. Ifpen, de son côté, concentre ses travaux sur le développement de technologies bas carbone destinées à l’industrie, aux transports et à l’énergie.

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