La baisse des émissions de gaz à effet de serre marque le pas en France

Climat
09/04/2026
6 min

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France continuent de diminuer, mais à un rythme qui ne permet pas encore d’atteindre les objectifs climatiques de long terme. Selon les dernières estimations publiées par le Citepa ce 8 avril, les émissions de GES pour l’année 2025 enregistrent une baisse de 1,5 % par rapport à 2024. Toutefois, cet effort est loin d’être suffisant pour respecter les ambitions de réduction fixées dans la stratégie nationale bas carbone 3 (SNBC), présentée en décembre 2025.

Par Gaz d’aujourd’hui

« La décrue continue dans le pays, mais la décrue s’essouffle. D’après la dernière mise à jour du baromètre mensuel du Citepa, les émissions de gaz à effet de serre de la France ont atteint 364 millions de tonnes équivalent CO₂ (Mt CO₂e) en 2025, soit une baisse de 1,5 % par rapport à 2024. L’estimation constitue, à ce jour, la plus précise disponible pour l’année écoulée. » L’estimation a été calculée uniquement à partir du baromètre mensuel, sans utiliser de projections. L’estimation affine la première évaluation qui prévoyait une baisse un peu plus forte, de – 1,6  %. L’estimation confirme la tendance à la baisse observée ces dernières années, mais l’estimation montre aussi un ralentissement qui inquiète. Après une chute nette de – 6,8  % en 2023, puis de – 1,8  % en 2024, le rythme diminue nettement.

Le rythme ne correspond pas aux objectifs climatiques

Cette évolution se produit alors que la France a fixé des objectifs plus ambitieux dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone, présentée en décembre 2025. La SNBC3 prévoit de réduire les émissions d’environ 4 ,6 % chaque année afin d’atteindre 279 millions de tonnes équivalent CO₂ (Mt CO₂e) d’ici 2030. L’écart est visible. Le rythme actuel, qui oscille entre – 1,5  et – 1,8  % chaque année, ne suffit pas à suivre cette trajectoire. Si les budgets carbone précédents ont été globalement respectés, la marche à franchir sera plus grande dans les prochaines années. Les budgets carbone futurs demanderont plus d’efforts. Cette évolution en demi-teinte des émissions s’inscrit dans un contexte où les progrès réalisés ces dernières années commencent à ralentir. Après une baisse significative en 2022 (- 3,9 %) et 2023 (- 6,8 %), l’effort de réduction des émissions semble s’essouffler. Pour atteindre les objectifs climatiques de la France, une réduction annuelle moyenne de 4 % serait nécessaire, notamment dans les secteurs les plus émetteurs, comme l’industrie et les transports.

Une diminution modérée des émissions

Le secteur industriel enregistre une réduction notable de ses émissions, avec une baisse estimée de 2,2 Mt CO₂e, soit – 3,5 % par rapport à l’année précédente. L’industrie manufacturière et la construction représentent ainsi 40 % de la réduction totale. La baisse s’explique par une activité plus faible dans des secteurs très polluants comme la métallurgie et le ciment, et par une consommation moindre d’énergies fossiles. En revanche, le secteur de l’énergie montre une petite hausse (+ 0,5  %). La petite hausse met fin à la baisse continue depuis 2022. La hausse vient de la reprise du raffinage et d’une capacité de décarbonation du réseau électrique maintenant plus limitée. Dans le bâtiment, les émissions reculent (- 1,5  %) grâce à une réduction de la consommation de gaz et de fioul. Le niveau, très bas, reste toutefois en dessous des objectifs fixés. Les transports restent très préoccupants. Le premier secteur émetteur représente 34 % des émissions nationales et ne montre qu’une baisse de 1,4 %. Même si les ventes de carburants et le trafic aérien domestique diminuent, les progrès restent insuffisants par rapport aux attentes. L’agriculture enregistre une petite baisse de 1,2 %, principalement due à la réduction du cheptel bovin. L’agriculture voit cette baisse partiellement compensée par une hausse des émissions provenant des cultures.

L’industrie réalise les plus fortes réductions, les transports restent à la traîne

L’industrie manufacturière et la construction ont réduit les émissions de 3,5 % (soit 2,2 Mt de CO₂e). L’industrie manufacturière et la construction représentent ainsi 40 % de la réduction totale. La baisse s’explique par une activité plus faible dans des secteurs très polluants comme la métallurgie et le ciment, et par une consommation moindre d’énergies fossiles. En revanche, le secteur de l’énergie montre une petite hausse (+ 0,5 %), qui met fin à la baisse continue depuis 2022. Elle vient de la reprise du raffinage et d’une capacité de décarbonation du réseau électrique maintenant plus limitée. Dans le bâtiment, les émissions reculent (- 1,5 %) grâce à une réduction de la consommation de gaz et de fioul. Le niveau, très bas, reste toutefois en dessous des objectifs fixés. Les transports restent très préoccupants. Le premier secteur émetteur représente 34 % des émissions nationales et ne montre qu’une baisse de 1,4 %. Même si les ventes de carburants et le trafic aérien domestique diminuent, les progrès restent insuffisants par rapport aux attentes. L’agriculture enregistre une petite baisse de 1,2 % principalement due à la réduction du cheptel bovin. L’agriculture voit cette baisse partiellement compensée par une hausse des émissions provenant des cultures.

Une action plus ambitieuse reste nécessaire

 « La baisse des émissions se confirme en 2025 : c’est une bonne nouvelle, mais elle n’est pas suffisanteNous devons collectivement nous remobiliser avec l’ensemble des secteurs émetteurs » souligne Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, indiquant les solutions  « sont connues » pour y parvenir, avec notamment une sortie des énergies fossiles. Les secteurs de l’industrie et des transports sont particulièrement sous pression. Le secteur des transports, en particulier, qui représente près d’un tiers des émissions nationales, ne parvient pas à atteindre une réduction suffisante, avec seulement une baisse de 1,4 % en 2025. L’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, et de réduction de 26 % des émissions d’ici 2030, nécessite des efforts bien plus conséquents.

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