Quatre infos à retenir cette semaine

En bref...
01/02/2026
7 min

En Chine, les énergies renouvelables connaissent une progression exceptionnelle, avec un bond de 543 gigawatts, mais cette avancée est contrebalancée par une forte augmentation des énergies fossiles. Du côté de l’hydrogène, l’association H2AI se lance pour structurer un corridor hydrogène entre la France et l’Espagne, dans le but de renforcer la compétitivité industrielle et accélérer la transition énergétique européenne. En France, le groupe Idex, acteur clé de la chaleur décarbonée, se prépare à un changement d’actionnaire majeur d’ici 2026, dans un contexte économique et réglementaire complexe, où la pression climatique et les contraintes budgétaires se font de plus en plus fortes. Enfin, une vingtaine d’associations nationales et internationales demandent à Bruxelles des clarifications sur la mise en œuvre du règlement méthane, afin de préserver « la compétitivité énergétique tout en respectant les engagements climatiques » de l’UE. 

Par la rédaction, avec AFP

Chine : éolien et solaire progressent de manière exceptionnelle, mais les fossiles en forte hausse aussi

En 2025, la Chine a enregistré des progrès spectaculaires dans le domaine des énergies renouvelables, avec une augmentation de 543 gigawatts de ses capacités énergétiques, dont 315 gigawatts en solaire et 119 gigawatts en éolien. Ce bond massif a propulsé la capacité totale de production d’électricité du pays à 16,1 % de plus par rapport à l’année précédente. Toutefois, cette avancée dans les énergies vertes est contrebalancée par une hausse significative de la production issue des énergies fossiles. Les capacités thermiques, principalement alimentées par le charbon et le gaz, ont augmenté de 93 gigawatts, soit une progression de 75 % par rapport à 2024. Alors que la demande d’électricité continue d’augmenter, la Chine continue de jouer un rôle central dans la transition énergétique mondiale, représentant désormais plus de 60 % de la capacité totale installée en énergies renouvelables. Toutefois, le risque d’une sous-utilisation des installations renouvelables existe, notamment avec l’extension des centrales thermiques qui pourrait freiner les efforts de décarbonation. Selon Lauri Myllyvirta, analyste au Centre for Research and Clean Air, bien que les énergies renouvelables progressent, la croissance des fossiles pourrait entraver l’atteinte des objectifs climatiques du pays. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, continue de viser la neutralité carbone d’ici 2060, un objectif ambitieux qui pourrait se heurter à des obstacles liés à la dépendance persistante aux combustibles fossiles.

Hydrogène : création de l’association H2AI pour structurer le corridor Méditerranée-Atlantique

L’association H2AI (H2 alliance industrielle Méditerranée-Atlantique) a été officiellement lancée le 28 janvier lors du salon Hyvolution. Elle a pour but de développer un corridor hydrogène reliant la Méditerranée à l’Atlantique, entre le sud-ouest de la France et le nord de l’Espagne. Soutenue par des industriels et acteurs transfrontaliers, cette initiative vise à renforcer la compétitivité industrielle et à soutenir la transition énergétique de la région, avec l’hydrogène bas carbone comme levier majeur de décarbonation. Le territoire transpyrénéen, stratégique pour l’industrie, abrite plus de 500 000 emplois et 2 000 entreprises. L’hydrogène, qui peut décarboner les secteurs industriels, logistiques et de la mobilité lourde, est au cœur de cette dynamique. H2AI a pour objectif de structurer un écosystème intégré autour de la production, du stockage et de l’acheminement de l’hydrogène, et de contribuer à la sécurisation énergétique européenne. Le projet HySoW vise à connecter les producteurs et consommateurs du territoire aux grands projets européens comme H2Med. La région a « le potentiel de devenir un acteur clé de l’hydrogène vert en Europe » indique Louis Blanchard, président de H2AI. L’association invite d’ailleurs les acteurs industriels et institutionnels à rejoindre cette initiative pour accélérer le développement de ce corridor stratégique.

Idex se prépare à un grand changement d’actionnaire en 2026

Le groupe Idex, acteur majeur dans la fourniture de chaleur décarbonée, se prépare à changer d’actionnaire d’ici la fin de l’année 2026. Le président, Benjamin Fremaux, a annoncé la direction stratégique lors de la présentation des résultats annuels le 29 janvier. L’actionnaire actuel, Antin Infrastructures Partners, aurait l’intention de céder le groupe pour une valeur estimée à 4 milliards d’euros, selon Les Échos. Ce processus de cession s’inscrit dans un contexte où Idex continue de performer, avec un chiffre d’affaires de 1,93 milliard d’euros en 2025 et une croissance impressionnante des contrats signés, en hausse de 34 % par rapport à l’année précédente. Néanmoins, pour Idex, l’année 2025 restera gravée dans les mémoires comme celle du grand écart, où la pression climatique et réglementaire a atteint des niveaux sans précédent. D’un côté, l’urgence est évidente : canicules record, hausse des températures dans 47 départements et une pression réglementaire croissante avec des objectifs ambitieux comme le décret tertiaire qui impose une réduction de 40 % de la consommation d’énergie d’ici 2030. De l’autre, le contexte économique est marqué par des contraintes budgétaires sévères. Preuve en est, l’enveloppe du fonds chaleur régulièrement abaissée dans les projets de loi de finance. Idex défend « son modèle » comme solution, celui du tiers-financement, où les acteurs privés comme Idex prennent en charge les investissements et la gestion des infrastructures, permettant ainsi aux collectivités de maintenir leurs projets tout en préservant leur capacité d’endettement.

Règlement méthane : les industriels du gaz pressent Bruxelles de clarifier les règles

France gaz s’est joint à un large collectif d’associations européennes et internationales pour interpeller la Commission européenne sur la mise en œuvre du règlement méthane, en particulier sur les modalités de certification et le régime de sanctions applicables aux importations. Dans une lettre adressée à la direction générale de l’énergie, les signataires appellent à des clarifications rapides et juridiquement sécurisées afin de garantir une application pragmatique du texte, sans fragiliser la sécurité d’approvisionnement ni les efforts de diversification des sources, notamment dans le contexte de la sortie des hydrocarbures russes. Ils demandent notamment de préciser les conditions de suspension et d’exemption des sanctions, de reconnaître des certificats indépendants comme voie de conformité et d’intégrer le règlement dans le prochain paquet « omnibus » de simplification, avec une révision avancée à 2026. Soutenue par des acteurs clés de l’énergie, de l’industrie et du commerce international, la démarche vise à éviter une mise en œuvre fragmentée entre États membres et à préserver la compétitivité et l’accessibilité de l’énergie en Europe.

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