La France commande ses premiers trains hydrogène

Les Régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie viennent de passer la toute première commande de trains à hydrogène en France.

Publié le 12/04/2021

4 min

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La SNCF a officialisé le 8 avril la commande des 12 premiers trains à hydrogène français pour le compte des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie. Les premiers essais auront lieu fin 2023 avant une mise en service commerciale prévue en 2025.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

En septembre 2018, le groupe Alstom lançait sur les rails de la Basse-Saxe, en Allemagne, deux trains fonctionnant à l’hydrogène : le Coradia iLint. En novembre, le groupe français présentait le modèle de train qu’il allait construire pour le marché français : le Coradia polyvalent (Régiolis), une version bi-mode électrique-hydrogène adapté à nos 14 000 kilomètres de lignes non électrifiées. L’annonce officielle d’une première commande, ce 8 avril, vient concrétiser trois années de travail entre la SNCF, Alstom et les régions françaises pour verdir le parc roulant ferroviaire, une « véritable révolution dans la mobilité ferroviaire » commente la SNCF.

Expérimentations en 2023

« Les premiers essais des TER à hydrogène, développés parallèlement au TER hybride, au TER batterie et aux recherches sur les biocarburants, sont ainsi prévus pour 2023 » indique la SNCF dans un communiqué. Les trains au biogaz sont également envisagés par la SNCF alors qu’une étude récente, publiée par Sia Partners, mettait en avant les opportunités économiques et environnementales de créer en France une filière dédiée. C’est en Bourgogne-Franche-Comté, la première région à avoir officialisé le 5 mars une commande de trois rames à hydrogène (pour un montant de 53 millions d’euros) que les premiers essais devraient démarrer fin 2023 sur la ligne entre Auxerre et Laroche-Migennes. Cette commande groupée entre quatre régions françaises comprend 14 rames (dont deux optionnelles) pour un montant total de près de 190 millions d’euros. Fabriqué par Alstom, le Coradia polyvalent pour Régiolis, composé de quatre voitures, mesurera 72 mètres et pourra atteindre une vitesse maximale de 160 km/h et transporter jusqu’à 220 passagers pour une autonomie comprise entre 400 et 600 km « avec les mêmes performances dynamiques et de confort que la version bi-mode électrique-diesel » précise Alstom.

De l’ambition à la réalité

« La France a tout pour devenir une championne de l’hydrogène » a déclaré Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique chargé des Transports, qui s’est également réjoui du rôle joué le gouvernement pour développer le premier train régional à hydrogène français « avec une aide financière de 47 millions d’euros ». Depuis l’annonce du plan hydrogène en septembre et la volonté gouvernementale d’utiliser ce vecteur énergétique pour décarboner principalement l’industrie et la mobilité, les annonces se sont succédées à un rythme effréné. Celle du 8 avril était particulièrement attendue et même si elle concerne un secteur très peu émetteur de gaz à effet de serre, elle marque le début d’une nouvelle filière d’avenir permettant le maintien et la création de nombreux emplois sur les territoires, « environ 2 000 emplois » selon Alstom, mais aussi de redynamiser certains bassins de vie. Cette nouvelle solution ferroviaire à zéro émission directe est d’ailleurs plébiscitée par l’ensemble des présidentes et présidents de région à l’origine de cette commande groupée. Pour Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, l’hydrogène vert constitue « un moyen de lutter contre les effets du réchauffement climatique, mais aussi un vecteur d’emploi, d’attractivité et de croissance ». Un avis partagé par Jean Rottner, président de la région Grand Est qui voit entre autres dans le développement de cette filière « la possibilité de maintenir l’emploi et l’activité du site de Reichshoffen », où sera effectuée la conception et l’assemblage des futurs rames. « C’est le top départ d’une nouvelle ère » ajoute enthousiaste Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, qui espère lancer ses trois Régiolis à hydrogène sur la toute nouvelle ligne Montréjeau-Luchon à l’horizon 2025. Quant à Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il y voit l’opportunité de construire une véritable « croissance verte tournée vers l’innovation et l’emploi » sur un territoire où l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène est déjà représentée. 

Copyright : Alstom Design.