Méthanisation agricole : une boîte à outils pour faciliter le développement des projets

Selon l'ADEME, le gisement global mobilisable à l’horizon 2030 pour la méthanisation est composé à 90 % de matières agricoles.

Publié le 02/03/2021

4 min

Publié le 02/03/2021

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La Banque des territoires a lancé le 26 février, avec l’appui de la plateforme européenne de conseil en investissement (Advisory Hub) de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement, une boîte à outils méthanisation numérique à destination des porteurs de projets. Un nouvel outil qui doit permettre de  » favoriser un montage optimal «  des projets français de méthanisation territoriale et de petite taille.  

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

La Banque des territoires de la Caisse des dépôts et consignations et la Banque européenne d’investissement (BEI) avaient annoncé le 20 janvier 2020 la signature d’un partenariat pour développer une boîte à outils méthanisation. Ce 26 février, cette plateforme de conseil et d’ingénierie, « permettant aux exploitants agricoles de concrétiser dans les meilleures conditions leur projet de méthanisation », est officiellement accessible. Ce portail permettra, selon Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission européenne, d’apporter « un soutien ciblé » aux entreprises agricoles en leur permettant de  » valoriser leurs émissions de méthane d’origine naturelle dans la production de biogaz et diversifier leur approvisionnement énergétique « . La méthanisation à la ferme est majoritaire dans notre pays, elle représente l’essentiel des projets de méthanisation et plus de 77 % des projets en injection. Un modèle de méthanisation dont la capacité moyenne installée en France se situe autour de 17 GWh par an, à l’inverse par exemple de l’Allemagne ou encore de l’Italie. L’accompagnement de ce modèle de méthanisation agricole s’inscrit « pleinement dans le cadre de la mise en œuvre opérationnelle du plan de relance du groupe Caisse des dépôts pour une plus grande durabilité des territoires  » précise Olivier Sichel, directeur de la Banque des territoires. Ces projets de méthanisation à la ferme vont permettre aux exploitants agricoles « de diminuer leur dépendance aux énergies fossiles, de diversifier leur mix énergétique et constituent à ce titre un important levier d’action du monde agricole pour réduire son empreinte carbone dans une logique d’économie circulaire » affirme de son côté Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.

Créer les conditions de réussite des projets

Cette boîte à outils, qui se veut pédagogique et ludique, doit intégrer toutes les spécificités que peuvent rencontrer les porteurs de projet sur nos territoires, notamment en y insérant une série de paramètres biologiques, techniques et réglementaires pour maximiser l’efficacité des futurs projets. Elle affiche trois objectifs principaux. En premier lieu, une meilleure compréhension des enjeux de la méthanisation à la ferme avec notamment le fonctionnement des différents process et un partage d’expérience d’agriculteurs déjà lancés dans la méthanisation. Deuxième étape, indispensable à la réussite d’un projet : sa structuration. La boîte à outils doit permettre à un agriculteur d’être en mesure de dimensionner son projet en identifiant les différentes étapes du projet :  » Les montages juridiques afférents et le choix de la contractualisation par exemple » indique les partenaires dans leur communiqué. Enfin, l’idée est également d’accompagner les agriculteurs dans la construction de son business plan, un document indispensable et exigé par les banques, ainsi que de donner aux porteurs de projets une véritable visibilité sur l’ingénierie financière disponible.  » La méthanisation représente un marché important à fort potentiel dans notre pays. Nous souhaitons favoriser la multiplication de projets et démultiplier notre capacité à accompagner les territoires en leur offrant à la fois souplesse et flexibilité « , indiquait il y a quelques mois à Gaz d’aujourd’hui Philippe Leroy, directeur d’investissements environnement et valorisation des ressources à la Banque des territoires. Cette plateforme, qui doit permettre d’améliorer la solidité financière des projets français, doit leur donner une chance supplémentaire d’aboutir, notamment pour ceux considérés plus à risques par les banques, en l’occurrence les plus petits, et qui pourraient bénéficier d’un appui supplémentaire.