Transition énergétique : la France doit doubler ses investissements bas carbone d’ici 2030

ÉCONOMIE
05/11/2026
13 min

Pour atteindre ses objectifs climatiques, la France devra quasiment doubler ses investissements bas carbone d’ici 2030. Selon une étude publiée fin octobre 2026 par la direction générale du Trésor, ces dépenses, évaluées à 102 milliards d’euros en 2024, devront fortement progresser dans les transports, le bâtiment, l’industrie et l’énergie. Un défi économique et financier qui repose largement sur les entreprises et les ménages, dans un contexte de tensions géopolitiques, de dépendance aux hydrocarbures et de contraintes budgétaires croissantes pour l’État.

Par Laura Icart

Après plusieurs décennies de baisse des émissions de gaz à effet de serre, l'atteinte des objectifs climatiques nécessite désormais une accélération des investissements dans les transports, les bâtiments, l'industrie et la production d'énergie. Le défi est autant financier qu'environnemental. La direction générale du Trésor chiffre à 102 milliards d'euros les investissements bas carbone réalisés en France en 2024. Ces dépenses ont progressé de 59 % depuis 2011, mais elles devront encore doubler d'ici à 2030 pour respecter la trajectoire nationale de réduction des émissions. Dans le même temps, les investissements consacrés aux équipements et infrastructures carbonés, évalués à 107 milliards d'euros en 2024 dans les secteurs étudiés, devront diminuer d'au moins un tiers. L'enjeu n'est donc pas uniquement de trouver de nouveaux financements, mais aussi de réorienter une partie des capitaux actuellement consacrés aux technologies utilisant des énergies fossiles.

Investissements bas carbone : près de 200 milliards d’euros par an nécessaires d’ici 2030

Selon la direction générale du Trésor, les investissements bas carbone ont atteint 102 milliards d'euros en France en 2024, en progression de 59 % depuis 2011. Pour respecter les objectifs de la troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), ces dépenses devront approximativement doubler d'ici à 2030, soit un ordre de grandeur de 200 milliards d'euros par an. Sur les secteurs pour lesquels les besoins peuvent être précisément estimés, le Trésor chiffre les investissements annuels supplémentaires nécessaires à 81,5 milliards d'euros à l'horizon 2030. Sur cette enveloppe, 68 milliards correspondent à des investissements réalisés par les ménages et les entreprises, contre 13,5 milliards...

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