Storengy et GazelEnergie veulent développer une filière hydrogène en Moselle

Publié le 21/10/2020

4 min

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Storengy et GazelEnergie ont annoncé, ce 20 octobre, la signature d’un accord de partenariat pour développer un territoire hydrogène au sein de la communauté d’agglomération de Saint-Avold Synergie, en Moselle, sur le site même de la centrale thermique Emile Huchet dont l’arrêt définitif de la tranche à charbon est prévu à la fin de l’hiver 2022. 

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

 

Faire de la fermeture des centrales à charbon en France une opportunité pour les territoires où elles se trouvent, c’est la volonté affichée du gouvernement. Mais c’est aussi et surtout une nécessité pour des territoires pour qui ces sites industriels sont bien souvent source d’emplois et d’attractivité. Ce nouveau projet baptisé Emil’Hy, situé sur le territoire du Warndt Naborien, « a pour ambition de connecter production et usages d’hydrogène renouvelable » indique le communiqué, et participe surtout à la reconversion industrielle de la centrale Emile Huchet, exploitée par GazelEnergie, anciennement Uniper France.

Construire une filière hydrogène territoriale d’ici cinq ans

Décarboner l’industrie et la mobilité par la consommation d’un hydrogène vert produit localement, c’est l’objectif du projet Emil’Hy, « intégré au pacte de territoire signé avec l’État et au programme France relance » indique le communiqué des deux industriels. Un projet en deux étapes, dont la première devrait intervenir dès 2023 avec la mise en route d’une installation de production d’hydrogène par électrolyse d’une capacité de production jusqu’à 5 MW. Une capacité qui permettra dans un premier temps d’alimenter 15 bus de la communauté d’agglomération de Saint-Avold Synergie. Dans une seconde étape, à partir de 2025, l’augmentation de la production d’électrolyse estimée entre 50 et 100 MW permettra de répondre à davantage de besoins en mobilité, mais aussi à des besoins industriels. Une deuxième phase qui devrait permettre de distribuer de l’hydrogène « à une échelle régionale et transfrontalière » précise le communiqué pour devenir le « premier axe franco-allemand de coopération vertueuse et fructueuse sur l’hydrogène » via notamment l’initiative Mosahyc et la création d’une cavité saline sur le site de stockage Storengy de Cerville qui « servirait à stocker le surplus d’hydrogène produit et assurer sécurité d’approvisionnement et flexibilité » précise Storengy. A noter que ce sont des projets locaux d’électricité renouvelable qui alimenteront l’électrolyseur en électricité. Le choix de la société qui construira l’électrolyseur n’est pas encore arrêté mais « il sera probablement français, voire européen » nous indique-t-on. Pour ce qui est de l’investissement, sans nous donner de chiffre précis, GazelEnergie l’évalue « à plusieurs centaines de millions d’euros entre Emile Huchet et la centrale de Provence [tranche charbon de 600 MW]. L’industriel, confronté à la décision du gouvernement de fermer les centrales à charbon, souligne  que des projets comme Emil’Hy « ne pourront se réaliser sans un soutien de l’État pour la construction de l’avenir industriel des sites ».

Vers quelle reconversion pour les salariés ?

« Ce projet est une opportunité pour le rebond des salariés du site de Saint-Avold » note Jean-Michel Mazalerat, président d’EP France et de GazelEnergie. Il est vrai que pour les 90 salariés du site, impactés par la fermeture de la tranche charbon, plusieurs pistes ont été évoquées par l’État, comme celle de solliciter d’autres entreprises du secteur de l’énergie en région ou des conditions d’accessibilité facilitées à des formations. GazelEnergie a lancé « un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à la fin du mois de septembre » nous indique-t-elle, une procédure conforme aux ordonnances sociales sur la sortie du charbon publiées en juillet 2020 et prises en application de la loi énergie-climat de novembre 2019. « Nous sommes actuellement en procédure d’information consultation avec les partenaires sociaux » précise GazelEnergie à Gaz d’aujourd’hui. Un dispositif mis en place par le groupe Engie pour les reconvertir vers des métiers dits « d’avenir » leur sera proposé. Entre 100 et 150 postes seront ouverts sur la région Grand Est par Engie.

 ©GazelEnergie.