Sécurité énergétique : Royaume-Uni, quelle stratégie pour accélérer ?

Publié le 12/04/2022

4 min

Publié le 12/04/2022

Temps de lecture : 4 min 4 min

La semaine dernière, le Royaume-Uni a présenté sa nouvelle stratégie énergétique. Sur fond d’urgence climatique et de guerre en Ukraine, le pays veut améliorer son indépendance et sa sécurité énergétique sur le long terme. Et s’il souhaite considérablement accélérer sur les renouvelables, le gouvernement britannique ne prévoit pas de se passer complètement des énergies fossiles qu’il va continuer à exploiter en mer du Nord.

Par la rédaction, avec AFP

 

Le gouvernement britannique a dévoilé sa nouvelle stratégie de sécurité énergétique, qui vise à améliorer l’indépendance et la sécurité énergétiques à long terme du pays en favorisant la production domestique de pétrole et de gaz, pour réduire les importations de gaz et en soutenant le développement des énergies à faible émission de carbone (éolien, nouveau nucléaire, solaire et hydrogène), puisqu’il vise 95 % d’électricité bas carbone d’ici 2030.

Réduire sa dépendance : le maître-mot

« Nous établissons des projets audacieux pour augmenter et accélérer la production d’une énergie abordable, propre et sûre, fabriquée en Grande-Bretagne, pour la Grande-Bretagne – du nouveau nucléaire à l’éolien offshore – dans la décennie à venir », déclare dans un communiqué le Premier ministre Boris Johnson. Le Royaume-Uni entend ainsi réduire sa dépendance à des sources d’énergie « exposées à des prix internationaux volatils » pour « bénéficier d’une plus grande autosuffisance énergétique et de factures moins élevées » pour les consommateurs. À court terme, le Royaume-Uni soutiendra la production de pétrole et de gaz intérieurs et lancera un cycle d’octroi de licences pour de nouveaux projets pétroliers et gaziers en mer du Nord au second semestre 2022.

25 % de son électricité grâce à l’atome

Le Royaume-Uni prévoit d’accélérer sa production d’électricité nucléaire, notamment grâce à de petits réacteurs modulaires qui doivent être construits par Rolls-Royce. Le pays a beaucoup de retard dans ce domaine comparé à la France par exemple, qui tire autour de 70 % de son électricité de l’atome. Pour favoriser le développement du nucléaire, le gouvernement veut mettre en place un nouveau gouvernement organisme, Great British Nuclear, pour présenter de nouveaux projets nucléaires et doter le Future Nuclear Enabling Fund de 140 millions d’euros. Une stratégie nucléaire qui ambitionne de livrer jusqu’à huit réacteurs et installer de petits réacteurs modulaires (SMR), pour atteindre jusqu’à 24 GW de capacité nucléaire d’ici 2050, soit suffisamment pour couvrir 25 % de la prévision de sa demande d’électricité.

Multiplier rapidement ses capacités renouvelables

Le projet gouvernemental ambitionne de produire jusqu’à 50 GW grâce à l’éolien d’ici à 2030, dont 5 GW d’éolien flottant en mer. Le gouvernement prévoit également de simplifier la procédure d’approbation des projets. De plus, l’objectif d’atteindre jusqu’à 10 GW de capacité de production d’hydrogène à faible émission de carbone d’ici 2030 pourrait être doublé, dont au moins la moitié proviendrait de l’hydrogène vert éolien. Le Royaume-Uni cherchera également à augmenter sa capacité solaire de 14 GW actuellement à 70 GW d’ici 2035 et à promouvoir la fabrication de pompes à chaleur. En outre, la Grande-Bretagne lancera un opérateur de système public, Future System Operator (FSO), pour reprendre l’opérateur du système d’électricité de National Grid et superviser les systèmes électriques britanniques. Le FSO reprendra également certaines des fonctions gazières de National Grid. Le régulateur britannique de l’énergie Ofgem s’attend à ce que « le nouvel opérateur de système indépendant aide à intégrer des volumes plus élevés d’électricité renouvelable et à atteindre des objectifs à faible émission de carbone ».

Selon le ministre des Entreprises et de l’énergie Kwasi Kwarteng, augmenter les énergies renouvelables et le nucléaire tout en « maximisant » la production d’énergie fossile en mer du Nord « est la meilleure et seule manière d’assurer (l’) indépendance énergétique » du pays « dans les années qui viennent ». Le gouvernement britannique espère que ces nouvelles mesures permettront de créer 40 000 emplois supplémentaires dans le secteur des énergies propres d’ici à la fin de la décennie, pour arriver à un total de 480 000 à cette échéance.

Crédit : Shutterstock.