Quatre infos à retenir cette semaine

En bref...
14/12/2025
8 min

Dix fédérations du transport et des biocarburants ont plaidé pour un mix énergétique diversifié afin de réussir la transition dans le transport routier, soulignant la nécessité d’un cadre législatif réaliste face à la révision des normes CO₂. Par ailleurs, Copernicus a averti que 2025 pourrait être l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, plaçant l’objectif de l’accord de Paris en péril. Du côté nucléaire, l’EPR de Flamanville a atteint 100 % de puissance, une avancée significative malgré des retards et des coûts élevés. Enfin, la Commission européenne a sélectionné les projets d’hydrogène de Natran et Teréga dans le Sud-Ouest de la France, pour une transition énergétique accélérée grâce à un financement européen et une autorisation accélérée.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui 

Dix fédérations du transport et des biocarburants plaident pour un mix énergétique dans le transport routier

À l’heure où la Commission européenne se prépare à réviser les normes CO₂ des véhicules, un collectif de 10 fédérations du secteur du transport routier et des biocarburants (Esterifrance, la Feda, la FNCCR, la FNTV, France mobilités biogaz, le GART, l’OTRE, l’Ufip énergies et mobilités et l’Union TLF) alerte sur les enjeux cruciaux qui se cachent derrière cette réforme. Si la révision semble, au premier abord, concerner principalement les voitures particulières, elle pourrait, en réalité, « avoir des répercussions bien plus larges sur l’ensemble du transport routier, y compris les poids lourds, les utilitaires, les autocars et les bus » indiquent les signataires d’une tribune publiée le 11 décembre dans Les Échos. Ils insistent sur plusieurs points essentiels pour réussir la transition énergétique du secteur. En premier lieu, des réglementations réalistes et cohérentes. « La réforme doit prendre en compte les réalités du terrain et les contraintes spécifiques du transport routier, qu’il s’agisse des besoins opérationnels ou des impératifs économiques. » Ensuite, ils plaident pour un mix énergétique diversifié : l’objectif, selon ces fédérations, ne doit pas être de favoriser une seule technologie, mais de promouvoir un véritable mix énergétique intégrant toutes les solutions bas carbone disponibles, qu’il s’agisse de l’électrique, des biocarburants, du biogaz, de l’hydrogène ou des carburants de synthèse. Exclure ces alternatives risquerait de ralentir la décarbonation, plutôt que de l’accélérer. Enfin, ils évoquent la compétitivité industrielle européenne : il est crucial que les futures normes CO₂ ne fragilisent pas l’industrie européenne, déjà mise à mal par la concurrence mondiale. À cet égard, un cadre législatif trop restrictif pourrait avoir des conséquences négatives sur les entreprises locales, particulièrement dans un contexte de hausse des coûts et de baisse des investissements. Les acteurs du secteur soulignent également « que l’électrification, bien qu’indispensable, ne pourra pas, à elle seule, répondre à tous les défis » évoquant des « obstacles majeurs » notamment en raison de l’adaptation difficile de l’offre de véhicules à certaines spécificités du transport, ainsi que du manque d’infrastructures de recharge. Au-delà de la question des véhicules légers, la révision des normes CO₂ risque donc, selon eux, « de freiner la décarbonation du transport lourd, essentiel à l’économie européenne ».

2025 : une année en passe de battre des records de chaleur mondiale

L’année 2025 devrait figurer parmi les trois plus chaudes jamais enregistrées, avec une température mondiale en moyenne 0,60 °C au-dessus de la normale de la période 1991-2020, selon les données récentes de l’observatoire Copernicus. Ce constat s’inscrit dans une tendance inquiétante, déjà amorcée en 2023, et place cette année sur le même pied que l’année record de 2024. En novembre, le mois a été marqué par une température globale de 14,02 °C, soit 0,65 °C au-dessus de la moyenne, un chiffre qui positionne ce mois comme le troisième novembre le plus chaud jamais observé. Ce réchauffement accéléré est désormais accompagné de phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et dévastateurs, tels que des cyclones tropicaux meurtriers en Asie du Sud-Est. Avec des prévisions montrant une probable moyenne de températures dépassant les + 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, l’objectif de l’accord de Paris semble désormais hors de portée. La communauté internationale peine à répondre à l’urgence climatique, comme en témoigne la COP30 à Belem, où l’adoption de mesures ambitieuses s’est heurtée à des divergences profondes, en l’absence de certains grands acteurs comme les États-Unis. Face à cette situation, les experts avertissent que seule une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre permettra d’éviter un dérèglement climatique encore plus catastrophique.

L’EPR de Flamanville atteint 100 % de puissance nucléaire pour la première fois

Le réacteur EPR de Flamanville 3 a franchi, dimanche 14 décembre 2025, à 11h37, une étape décisive de son long et complexe parcours industriel en atteignant pour la première fois 100 % de puissance nucléaire, correspondant à une production de 1 669 MW de puissance électrique brute. Cette montée en charge totale, rendue possible après l’autorisation délivrée deux jours plus tôt par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pour dépasser le palier des 80 %, marque l’entrée du réacteur dans une phase d’essais à pleine puissance, indispensable avant une exploitation commerciale durable. Concrètement, EDF va désormais soumettre l’installation à des variations contrôlées de puissance afin de tester les matériels dans différentes configurations, de vérifier leur comportement en régime nominal et de procéder à de nombreux relevés techniques. Une intervention programmée sur un poste électrique interne, notamment le remplacement d’une traversée de 400 kV, sera réalisée sans déconnexion du réacteur du réseau, illustrant le degré de maturité atteint par l’installation. Premier réacteur nucléaire mis en service en France depuis 25 ans, Flamanville 3 incarne à la fois les ambitions et les difficultés de la filière nucléaire tricolore : lancé avec un devis initial de 3,3 milliards d’euros et une mise en service prévue en 2012, le projet accuse aujourd’hui 12 ans de retard et un coût réévalué par la Cour des comptes jusqu’à 23,7 milliards d’euros. Malgré ces dérapages, l’EPR, le plus puissant du parc nucléaire français et capable d’alimenter près de 2 millions de foyers, est devenu un pilier stratégique pour un pays qui mise fortement sur l’atome pour assurer sa sécurité énergétique et atteindre ses objectifs climatiques. Cette avancée intervient dans un contexte de relance du nucléaire voulue par l’exécutif, avec le projet de construction de six réacteurs EPR2, voire 14 à terme, alors même que la France peine encore à finaliser sa programmation pluriannuelle de l’énergie, minée par des divergences politiques sur l’équilibre entre nucléaire et énergies renouvelables.

Hydrogène : la Commission européenne soutient les projets d’envergure de Natran et Teréga

La Commission européenne a récemment annoncé une avancée majeure pour la transition énergétique européenne, en attribuant à 235 projets énergétiques transfrontaliers le statut de « projets d’intérêt commun » (PIC) et « projets d’intérêt mutuel » (PIM). Cette liste, présentée le 28 novembre, inclut des projets stratégiques dans le secteur de l’hydrogène, parmi lesquels ceux de Natran et Teréga dans le sud de la France. Ces projets ont été reconnus comme essentiels pour l’intégration de l’hydrogène dans le réseau énergétique européen et bénéficieront ainsi de financements européens et de procédures d’autorisation accélérées. Le projet « Hysow » (hydrogen south-west), d’une longueur de 650 km, vise à développer un réseau de transport d’hydrogène dans le sud-ouest de la France, incluant des capacités de stockage souterrain massives dans les Landes, avec une ambition de 500 GWh d’ici 2030. De son côté, le projet « Midhy » d’une portée de 200 km, interconnectera le projet « Hy-Fen » et renforcera le corridor H2med, visant à connecter le sud-ouest de la France aux centres industriels d’Europe centrale. Ces infrastructures d’hydrogène devraient jouer un rôle clé dans la décarbonation des industries et des secteurs de mobilité des régions comme l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, en permettant la circulation de flux d’hydrogène vert et bas carbone. Ces initiatives font partie d’un plan plus large de l’UE pour renforcer la connectivité énergétique du continent, en réponse aux besoins d’investissement estimés à près de 1 500 milliards d’euros d’ici 2040 pour moderniser les infrastructures énergétiques européennes, incluant les réseaux d’hydrogène.

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