Quatre infos à retenir cette semaine

28/06/2026
7 min

La facture énergétique européenne recule, mais la dépendance au GNL américain s’accentue. En France, plus de 130 millions d’euros sont mobilisés pour adapter les écoles aux fortes chaleurs, tandis que la canicule commence à révéler son lourd bilan humain dans toute l’Europe. Dans le Grand sud-ouest, Teréga Solutions et Prodeval s’allient pour structurer une filière de valorisation du bioCO₂ issu de la méthanisation.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

L’Union européenne allège sa facture énergétique, mais accroît sa dépendance au GNL américain

La valeur des importations énergétiques de l’Union européenne a reculé de 16,3 % au premier trimestre 2026 sur un an, alors que les volumes n’ont diminué que de 0,3 %, signe que l’accalmie tient avant tout à la baisse des prix. Après avoir culminé à 22,8 % des importations totales de l’UE en 2022, la part des produits énergétiques est retombée à 13,1 % en 2025 et a encore perdu 1,9 point au premier trimestre 2026. Cette baisse de la facture masque toutefois une profonde recomposition des approvisionnements depuis l’invasion de l’Ukraine. Les États-Unis fournissent désormais 57,4 % du gaz naturel liquéfié importé par l’Europe, contre 24 % au début de 2021, et sont également devenus son premier fournisseur de pétrole brut, avec 17,8 % des achats, devant la Norvège, à 16,6 %, et le Kazakhstan, à 9,6 %. La Russie ne représente plus que 0,8 % des importations pétrolières, mais demeure le deuxième fournisseur européen de GNL, avec 17,3 %, derrière les États-Unis et devant le Qatar, à 6,6 %. Pour le gaz acheminé par gazoduc, la Norvège occupe une position dominante : elle concentrait 54,4 % des importations en 2025, devant l’Algérie, à 18,5 %, et la Russie, à 9,8 %. Le basculement vers le GNL est particulièrement marqué : les volumes importés ont progressé de 5,2 % en un an et de 121 % depuis le premier trimestre 2021, tandis que ceux de gaz gazeux restent inférieurs de 48,4 % à leur niveau de début 2021. L’Europe a ainsi réduit son exposition à la Russie, mais au prix d’une dépendance accrue à un marché mondial du GNL plus volatil et à un nombre limité de grands fournisseurs, au premier rang desquels les États-Unis.

Plus de 130 millions d’euros pour adapter les écoles à la chaleur

Face aux fortes perturbations provoquées par la canicule dans les établissements scolaires, plus de 130 millions d’euros ont été annoncés vendredi pour financer des équipements de rafraîchissement et des travaux d’adaptation. EDF mobilisera 80 millions d’euros : 40 millions serviront à financer, d’ici à la fin septembre 2026, plus de 100 000 ventilateurs, brumisateurs et climatiseurs dans plus de 10 000 écoles, crèches et centres de loisirs, tandis que le solde prendra la forme de primes pouvant atteindre 10 000 euros par établissement jusqu’en juin 2027. La Banque des territoires, la Banque postale et le programme Actee consacreront parallèlement 50 millions d’euros à l’adaptation climatique de 12 500 écoles. Un premier dispositif d’urgence de 10 millions d’euros doit bénéficier dès la semaine prochaine à 2 500 établissements particulièrement exposés, pour financer des ombrières, des protections solaires, des brasseurs d’air ou des systèmes de ventilation. Les 40 millions restants, issus des certificats d’économie d’énergie, permettront notamment de prendre en charge les diagnostics de 10 000 autres écoles et de préparer des travaux avant l’été 2027, avec la possibilité d’installer des pompes à chaleur réversibles dans les sites les plus vulnérables. Jeudi, environ 3 500 établissements étaient fermés et 10 000 avaient modifié leurs horaires, illustrant le retard d’adaptation d’un parc scolaire encore largement dépourvu de solutions face aux chaleurs extrêmes.

Teréga et Prodeval veulent structurer une filière du bioCO₂ dans le Grand sud-ouest

Teréga Solutions et Prodeval ont signé un protocole d’accord pour accélérer la valorisation du CO₂ biogénique produit par les unités de méthanisation, avec une attention particulière portée au Grand sud-ouest. Encore peu exploité, ce coproduit apparaît lors de l’épuration du biogaz en biométhane et peut être récupéré pour alimenter différents usages industriels, notamment la fabrication de carburants de synthèse. Prodeval, entreprise drômoise spécialisée dans le traitement du biogaz, apportera sa technologie V’Cool de captage et de liquéfaction du bioCO₂. Teréga Solutions prendra en charge les études de faisabilité, l’organisation du transport, le stockage temporaire et la recherche de débouchés pour les volumes collectés. Les deux groupes veulent ainsi proposer une offre intégrée aux exploitants agricoles et industriels, depuis la récupération du gaz jusqu’à sa livraison aux utilisateurs. Cette coopération prolonge les premiers travaux engagés autour du projet Nacre, à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, et doit servir de base au développement d’autres opérations en France. Pour les producteurs de biométhane, l’enjeu consiste à transformer un flux aujourd’hui peu valorisé en revenu complémentaire, tout en améliorant le bilan environnemental des installations. Le partenariat devra toutefois répondre à plusieurs défis : regrouper une production dispersée entre de nombreux sites, assurer la rentabilité du transport et sécuriser des clients industriels sur la durée. Teréga et Prodeval affichent l’ambition de contribuer à une filière française du bioCO₂ et à de nouvelles chaînes de valeur locales, sans communiquer pour l’heure sur les investissements prévus, les capacités visées ou les premiers projets qui découleront de l’accord.

L’Europe centrale suffoque, la France commence à mesurer le coût humain de la canicule

La vague de chaleur poursuit dimanche sa progression vers l’est de l’Europe, avec plus de 191 millions d’habitants susceptibles d’être exposés à des températures supérieures à 35 °C. Après des records absolus enregistrés samedi au Danemark, en République tchèque et en Allemagne, où le thermomètre a atteint 41,5 °C et où une température nocturne de 29,4 °C a été relevée à Kubschütz, dans l’est du pays, la France connaît un début d’accalmie mais commence à dresser un premier bilan sanitaire. Santé publique France fait état d’environ 1 000 décès supplémentaires par rapport à la normale depuis le 24 juin, principalement parmi les plus de 65 ans, tandis que les décès à domicile ont augmenté de 40 %. Le chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou, Philippe Juvin, redoute un bilan « probablement très très lourd », notamment lorsque les proches et les aides à domicile retourneront auprès des personnes âgées isolées. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, estime toutefois que la surmortalité ne devrait pas atteindre celle de 2003, qui avait causé 15 000 morts. Au-delà de l’urgence sanitaire, les scientifiques rappellent que la répétition de ces épisodes constitue un marqueur direct du changement climatique. Le réchauffement rapide de l’Europe pourrait en outre être renforcé par des modifications du courant-jet favorisant la persistance de dômes de chaleur. Sur les littoraux, la hausse des températures marines modifie déjà la taille du plancton et la composition de la chaîne alimentaire. « Ce que l’on vit, c’est ce que l’on anticipe depuis 50 ans », alerte le climatologue Jean Jouzel, qui redoute que l’émotion suscitée par cet épisode retombe dès le retour de températures plus supportables.

Vous aimerez aussi