Les émissions de gaz à effet de serre continuent de reculer en France

En mai, la France a annoncé vouloir réduire ses émissions GES de 50% (-55% en "net", si l'on inclut les puits de carbone que sont sols et forêts) en 2030 par rapport au niveau de 1990, conformément aux engagements européens, ce qui implique de doubler le rythme de baisse des émissions. ©shutterstock

Publié le 05/01/2024

5 min

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Les émissions de gaz à effet de serre (GES) poursuivent leur recul en France, enregistrant une baisse de 4,6 % (hors puits de carbone) sur les neuf premiers mois de 2023 par rapport à la même période de 2022, a annoncé le 26 décembre le le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa). La production d’énergie, l’industrie et le bâtiment contribuent principalement à cette baisse. En 2022, les émissions françaises de GES affichaient un repli de 2,7% sur l’ensemble de l’année.

Par la rédaction, avec AFP

 

« C’est le résultat concret de la relance du nucléaire et des efforts entrepris pour la décarbonation de l’industrie » a souligné la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, évoquant également des « des changements de comportement qui s’inscrivent dans la durée en faveur de la sobriété et des solutions décarbonées dans le bâtiment et dans le transport routier ». « La France doit maintenant garder ce cap » a-t-elle ajouté.

Vers une baisse structurelle des émissions

En 2022, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 2,7 % en France. Les émissions totales françaises de GES sont estimées à 404 millions de tonnes équivalentes CO2 (Mt CO2 éq.), hors utilisation et changement d’affectation des terres et foresterie (UTCATF), contre 415 Mt CO2 éq. en 2021. À titre indicatif, pour la même période, les émissions mondiales de GES se sont établies au niveau record de 53,8 gigatonnes (Gt) équivalent CO2. Dans son baromètre des émissions mensuelles, publié tous les trois mois, et qui sont des « pré-estimations », le Citepa estime que les émissions de gaz à effet de serre ont continué de baisser au troisième trimestre 2023, avec une baisse de – 4,6 % par rapport au troisième trimestre 2022 (hors puits de carbone). « Trois secteurs participent le plus à cette baisse : l’industrie (- 9,3 %), la production d’énergie (- 9,4 %) et les bâtiments (- 7,5 %). Les transports contribuent plus modestement à cette tendance à la baisse (- 1,8 %) », indique l’organisme mandaté pour réaliser l’inventaire français des émissions.

L’industrie et la production énergétique, les plus gros contributeurs

En mai, la France a annoncé vouloir réduire ses émissions GES de 50 % (- 55 % en net, si l’on inclut les puits de carbone que sont sols et forêts) en 2030 par rapport au niveau de 1990, conformément aux engagements européens, ce qui implique de doubler le rythme de baisse des émissions. Par secteur, c’est l’industrie et la production d’énergie qui contribuent le plus à la baisse sur neuf mois. Le secteur industriel est « fortement impacté par la crise énergétique en 2023« , souligne le Citepa dans un communiqué. Pour la production d’énergie, le repli des GES résulte notamment de la progression des moyens de production électrique décarbonés, notamment les centrales nucléaires (+ 11,4 %, liée à la remise en service progressive de centrales) et hydroélectriques, couplée à une baisse de la production des centrales thermiques (- 23 %). Pour les GES provenant du secteur du bâtiment, la baisse des émissions liées au chauffage, déjà observée en 2022, s’est poursuivie en 2023, malgré un hiver légèrement plus rigoureux. « Les émissions de GES du chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson domestique entre les neuf premiers mois 2022 et ceux de 2023 ont baissé de 7,5 %, avec notamment une baisse de consommation du gaz naturel qui continue au troisième trimestre, soit – 8,9 % sur les trois premiers trimestres 2023 par rapport à 2022« , indique le Citepa.

Le transport aérien reste le  mauvais élève

Le secteur des transports, et notamment celui du transport routier qui avait connu « une baisse historique de ses émissions en 2020 (- 15 %) » puis un rebond en 2021 (+ 12 %) et 2022 (+ 2 %), affiche un léger recul au cours des neufs premiers mois de l’année (- 2,7 %) avec une baisse notable sur septembre (- 10 %). En revanche, les émissions du transport aérien contient d’augmenter, avec une hausse de 28 % des émissions des vols domestiques au premier trimestre 2023 par rapport au premier trimestre 2022, et une hausse de 38 % pour les vols internationaux. Le Citepa précise que l’évolution du secteur de l’agriculture « n’est pas encore pré-estimée précisément », rappelant que ces dernières années ses émissions étaient en recul moyen de 1,5 % en raison de la diminution du cheptel bovin. « De même, l’évolution des puits de carbone est difficile à pré-estimer », précise l’organisme. Ces derniers, bien qu’essentiels à la baisse des émissions nettes, connaissent depuis plusieurs années une fragilisation, qui les empêchent d’absorber autant de CO2 qu’auparavant, en lien notamment avec la dégradation de l’état des forêts françaises.

Du côté des polluants atmosphériques, si l’on regarde les NOx (dioxydes d’azote), le bilan provisoire pour ces neuf premiers mois de l’année est une diminution de 3 % des émissions, en raison de baisses dans les secteurs de l’énergie (- 7,1 %), de l’industrie (- 5,9 %), des bâtiments (- 1,5 %), et des transports (- 3,9 %) par rapport à la même période en 2022.