Le gouvernement lance une grande concertation nationale sur notre mix énergétique

Publié le 20/10/2022

6 min

Publié le 20/10/2022

Temps de lecture : 6 min 6 min

Le gouvernement a lancé ce matin une concertation grand public sur notre mix énergétique national. Annoncée à Belfort en février par le président de la République, cette concertation, organisée avec la Commission nationale du débat public, se déroulera en deux phrase et proposera un format inédit : un «  forum des jeunesses » pour donner la parole  à ceux « qui sont les premiers concernés par les décisions de long terme prises aujourd’hui » indique le ministère de la Transition énergétique.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui 

 

Comment adapter notre consommation pour atteindre l’objectif de neutralité carbone ? Comment satisfaire nos besoins en électricité et plus largement en énergie, tout en assurant la sortie de notre dépendance aux énergies fossiles ? Comment planifier, mettre en œuvre et financer notre transition énergétique ? Ce sont les trois grandes questions sur lesquelles le gouvernement demande l’avis des Français, alors que l’année 2023 sera marquée par plusieurs lois de premier plan en termes d’énergie et de climat avec notamment la première loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC), qui fixera dès 2023 les priorités d’action de la politique climatique et énergétique française en tenant compte des nouvelles ambitions du paquet climat « Fit for 55 » ou la troisième édition de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), l’outil de pilotage de la politique énergétique française, qui fixe les priorités d’actions et les trajectoires de production de toutes les énergies en France et qui fera l’objet d’un débat parlementaire au second semestre 2023. « Les conclusions de cette concertation seront versées au débat parlementaire sur la future loi de programmation sur l’énergie et le climat et alimenteront les choix stratégiques pour notre pays », a déclaré Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.

« Mieux associer les citoyens »

« Mieux associer les citoyens aux décisions qui les concernent, c’est-à-dire faire « avec eux », est une priorité du gouvernement » insiste Olivier Véran, ministre délégué chargé du Renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement. Organisée « selon des modalités proposées par la Commission nationale du débat public » précise le cabinet d’Olivier Véran, cette nouvelle méthode annoncée par le président de la République à Belfort puis à Marseille s’inscrit dans les travaux du conseil national de la refondation « climat et biodiversité » qui sera inauguré demain, précise le ministère de la Transition énergétique. Quelle sera-t-elle ? Cette concertation s’effectuera en deux phases qui seront encadrées par un comité de quatre garants dont deux vice-présidents de la CNDP. Le gouvernement s’engage sur plusieurs principes dans cette volonté de « mieux associer les citoyens aux décisions qui les concernent » via le ministère d’Olivier Véran. Il y a « trois grands principes » souligne le cabinet du ministre, « la transparence, c’est-à-dire rendre accessible à tous et à tout moment les informations sur la concertation » à savoir le cadre, les objectifs mais aussi les résultats. Deuxième principe : celui de la neutralité « totale », à la fois dans l’animation des échanges qui auront lieu et notamment dans le cadre du forum de la jeunesse et également dans le cadre de débats du tour de France des régions. « Neutralité dans l’exploitation de toutes les données, neutralité dans la rédaction des synthèses », le comité des garants sera chargé d’y veiller. Troisième principe : d’être en mesure de restituer aux citoyens  les suites qui sont données à cette concertation, « qu’ils y aient participé ou pas » précise le cabinet. Quelle finalité ? Le gouvernement produira un rapport de réponse au bilan et à la synthèse de la concertation qui sera faite par le comité des garants et où seront indiquées les orientations qu’il a retenu pour la future loi de programmation énergie et climat. Le rapport sera également présenté aux parlementaires avant que le projet de loi ne soit examiné.

Une première phase « grand public »

La première phase de cette concertation, dite « grand public », s’étendra jusqu’au 31 décembre. Elle se déclinera de deux façons : une plateforme de consultation en ligne où chaque citoyen peut donner son avis, puis un tour de France, avec des réunions grand public, dans chaque région, en présence à la fois des citoyens, des parties prenantes locales et de membres du gouvernement. Agnès Pannier-Runacher sera présente à plusieurs d’entre elles, précise son cabinet.

Un forum des jeunesses

Cette seconde phase  aura lieu à la mi-janvier, une phase « assez inédite » selon le MTE qui  va rassembler 200 jeunes de 18 à 35 ans pendant 4 jours, leur permettant de s’exprimer et de donner leurs avis sur notre futur énergétique. Dans la même logique que la convention citoyenne pour le climat, ils seront accompagnés d’experts « afin d’être formés et de débattre avant de délibérer » est-il précisé. Des experts de l’Ademe ou de RTE seront par exemple mobilisés indique le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Comment seront-ils sélectionnés ? Assurée par un prestataire externe, la sélection se fera via un tirage au sort et une liste de critères qui doivent permettre de constituer un panel de 200 jeunes qui soit le plus représentatif de la diversité sociale, socio-démographique et de la diversité, « tout particulièrement des jeunesses sur cette tranche d’âge », indique le ministère du Renouveau démocratique.

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