La facture d’électricité baissera légèrement le 1er février, annonce le gouvernement

Consommation
05/01/2026
6 min

À partir du 1er février 2026, les Français verront leur facture d’électricité légèrement baisser, grâce à une réduction de la contribution tarifaire d’acheminement (CTA). Le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, a annoncé cette mesure ce week-end, précisant que cette diminution représenterait un montant total de 540 millions d’euros, soit environ 10 à 12 euros par ménage et par an. Pour les professionnels, comme les boulangers, l’impact serait encore plus significatif, avec une baisse pouvant atteindre 200 euros par an.

Par la rédaction, avec AFP

« J’ai décidé de baisser la contribution tarifaire d’approvisionnement (CTA), qui est un prélèvement présent sur toutes les factures d’électricité française », a déclaré Roland Lescure dans un entretien au Parisien. Cette mesure vise à alléger les dépenses des ménages et des professionnels. Selon les premières estimations, cette baisse sera de l’ordre de 10 euros par an en moyenne pour les foyers et jusqu’à 200 euros pour certains professionnels, comme les boulangers utilisant des fours électriques. Si cette baisse n’est pas une révolution, reconnaît-il, elle constitue tout de même « un réel changement », à la fois « efficace, immédiat et sensible ». Le ministre précise d’ailleurs : « C’est un premier pas concret pour réduire la facture d’électricité et préparer la présentation dans quelques semaines du grand plan d’électrification des usages, au service de notre souveraineté énergétique ».

Pas d’impact sur les finances publiques

Contrairement à d’autres réductions fiscales, « cette baisse n’aura aucun impact sur les finances publiques » affirme Bercy lors d’un échange avec la presse. En effet, la CTA est une taxe affectée à un régime spécifique destiné à financer les retraites des salariés des industries électriques et gazières, comme EDF ou Engie. « Ce régime est excédentaire, ce qui permet cette baisse du taux de la CTA, sans perturber le financement des retraites ». Concrètement, la réduction ne remet pas en cause le financement du système de retraites, mais vise à ajuster le taux de la taxe à ses besoins réels.

Un impact « symbolique » sur les ménages

« Nous allons rendre 540 millions d’euros en pouvoir d’achat aux Français. Ne gâchons pas notre plaisir« , a insisté Roland Lescure, soulignant que cette baisse devait être perçue comme un signe tangible de l’engagement du gouvernement pour maîtriser les coûts de l’énergie. Le ministre précise que la baisse annoncée équivaut à une réduction de moins de 1 % de la facture moyenne des ménages pour l’électricité, une aide modeste mais nécessaire dans le contexte actuel. Cette annonce survient quelques jours après la mise en place du nouveau système de tarification de l’électricité, le versement nucléaire unique (VNU), entré en vigueur le 1er janvier 2026. Selon Roland Lescure, ce nouveau dispositif n’entraînera « aucun impact » sur les prix de l’électricité, mais il permettra « d’éviter des prix trop élevés« , une référence explicite aux augmentations de tarifs qui avaient frappé les ménages après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. « L’ancien système, l’Arenh, ne nous avait que très imparfaitement protégé », souligne-t-il, rappelant la flambée des prix consécutive à la guerre en Ukraine. Avant que cette baisse ne soit définitivement appliquée, une consultation de 21 jours sera lancée, impliquant les différentes parties prenantes, notamment le CSE, la CRE et la Caisse des industries électriques et gazières. Cette consultation devrait permettre d’assurer une mise en œuvre sans heurts, selon les responsables. « Nous anticipons une position consensuelle de la part des instances consultées, ce qui permettra la mise en œuvre de la mesure dès le 1er février 2026« , a précisé l’entourage du ministre.

Une transition vers l’électrification des usages

Ce geste symbolique, modeste en apparence, s’inscrit dans une série de mesures visant à préparer la transition énergétique du pays. À cet égard, le ministre a souligné que la baisse de la CTA n’était que le début d’un ensemble de réformes destinées à alléger la facture des Français tout en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. « Ce n’est pas une révolution de la tarification, mais une première étape« , affirme Roland Lescure, qui reste déterminé à continuer le travail de fond pour réformer en profondeur le secteur. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également salué cette initiative en déclarant sur X (anciennement Twitter) que la réduction de la CTA constituait « un premier pas concret pour réduire la facture d’électricité » et qu’elle serait suivie de mesures encore plus ambitieuses à l’occasion de la présentation d’un plan d’électrification des usages. Fin décembre, l’Union française de l’électricité appelait justement le gouvernement à un plan « clair et ambitieux » pour électrifier la France.  

Au-delà de la baisse de la CTA, la question de la programmation énergétique reste un enjeu majeur pour le gouvernement. Roland Lescure a évoqué une feuille de route énergétique qui est « quasiment prête« , mais il n’a pas donné de date précise pour sa publication. Cette feuille de route, qui devrait définir les grandes lignes des politiques énergétiques à suivre pour les années à venir, représente une étape clé dans la mise en œuvre de la transition énergétique du pays. La question du financement, des infrastructures et de la souveraineté énergétique restera au cœur des débats parlementaires dans les mois à venir.

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