Guerre au Moyen-Orient : les grandes puissances dégainent leurs réserves pétrolières

Géopolitique
11/03/2026
12 min
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé ce mercredi 11 mars approuver une action volontaire et coordonnée de libération des stocks stratégiques correspondant à 20 jours d’exportations transitant habituellement par le détroit d’Ormuz, soit environ 400 millions de barils au niveau international. ©Shutterstock

 

Face à la paralysie du détroit d'Ormuz provoquée par la guerre au Moyen-Orient, les 32 États membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé de libérer ce 11 mars 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves stratégiques afin de contenir la flambée des prix et compenser la chute brutale des flux énergétiques. Avec un détroit d’Ormuz quasiment paralysé, artère par laquelle transite environ un quart du pétrole transporté par mer et une part majeure du gaz naturel liquéfié mondial, les flux énergétiques se contractent brutalement. 

Par Laura Icart, avec AFP

Au cœur de la crise se trouve le détroit d'Ormuz, étroit corridor maritime coincé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Cette voie d’eau constitue l’un des points de passage les plus sensibles de l’économie mondiale. En temps normal, près de 20 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers par jour y transitent, soit environ 25 % du commerce maritime mondial de pétrole. À cela s’ajoute une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), en particulier les exportations du Qatar et des Émirats arabes unis. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, les flux ont été brutalement perturbés. Selon les autorités énergétiques, les exportations de pétrole via le détroit sont tombées à moins de 10 % de leur niveau habituel, forçant plusieurs producteurs à réduire leur production. Les gardiens de la révolution iraniens cherchent à dissuader le passage des navires après les frappes américano-israéliennes visant des infrastructures iraniennes. Les premières attaques contre des navires marchands ont provoqué un effet immédiat sur le trafic maritime. Une analyse des données de MarineTraffic montre que seulement une vingtaine de navires commerciaux ont franchi le détroit en début de semaine, dont neuf pétroliers et deux méthaniers, un volume très inférieur aux flux habituels. Des dizaines d’autres navires restent immobilisés dans la région, les armateurs craignant à la fois des attaques et l’explosion des primes d’assurance maritime.

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