Gaz russe : comment le Danemark souhaite s’en affranchir ?

Publié le 21/04/2022

4 min

Publié le 21/04/2022

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Chauffage urbain, pompes à chaleur, biogaz et développement massif de l’éolien et du solaire, hausse temporaire de la production en mer du Nord : le gouvernement danois a présenté mardi 18 avril un plan visant à devenir indépendant du gaz russe après l’invasion de l’Ukraine. Un plan qui doit également permettre aux gaz renouvelables de couvrir l’intégralité de la consommation nationale de gaz en 2028.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

 

La Première ministre Mette Frederiksen avait fixé début mars un objectif de sortie du gaz russe « le plus vite possible« , alors que l’UE réfléchit à un arrêt des achats à la Russie pour sanctionner Moscou.

Sortir du gaz de russe d’ici 2028

Le plan présenté mardi par l’exécutif danois prévoit notamment que la moitié des 400 000 foyers du pays qui se chauffent actuellement au gaz basculeront vers un raccordement au chauffage urbain ou vers les pompes à chaleur fonctionnant à l’électricité d’ici à 2028. Pour les foyers restants et l’industrie, le plan prévoit aussi un développement du biogaz d’origine renouvelable, « qui assurera que nous soyons libres de Poutine« , a déclaré le ministre du Climat et de l’énergie Dan Jørgensen lors d’une conférence de presse. Le Danemark va également « étudier la possibilité d’anticiper et d’augmenter temporairement la production de gaz de mer du Nord sur les gisements déjà exploités« , en « dialogue avec les acteurs du marché« , a expliqué le gouvernement dans un communiqué.

Multiplier les capacités des renouvelables

Le gouvernement danois a également dopé son plan de développement des énergies renouvelables et prévoit désormais un quadruplement des centrales solaires et surtout de l’éolien terrestre, à horizon 2030. Le royaume scandinave est déjà un des grands champions européens de l’éolien, qui lui fournit actuellement environ la moitié de son électricité – le reste étant dominé par la biomasse et le charbon. En 2019, le Danemark a couvert 75 % de sa consommation d’électricité par les énergies renouvelables, dont 47 % d’éolien, 3 % de solaire et environ 25 % de biomasse. « Nous voulons développer les énergies renouvelables autant qu’il est possible de le faire de façon intelligente« , a assuré Mme Frederiksen. Le gaz fournit environ 18 % de l’énergie consommée au Danemark chaque année, selon les statistiques officielles. Une grande partie est longtemps venue des gisements du pays en mer du Nord, mais ceux-ci sont en rapide déclin. En 2019, la production nationale n’a permis que de couvrir 72 % du gaz consommé dans le pays, selon l’Agence danoise de l’énergie. La Russie figure parmi les principaux fournisseurs des importations danoises et fournit environ 40 à 45 % du gaz importé dans l’Union européenne. Le Danemark avait voté en 2020 l’arrêt complet de sa production de gaz en mer du Nord d’ici à 2050, devenant le premier producteur significatif d’hydrocarbures à fixer une date de fin d’exploitation. L’exécutif ne prévoit pas de renoncer à cette mesure, a-t-il indiqué mardi.

Le gaz renouvelable représente déjà un quart de la consommation 

À la fin de l’année 2020, le Danemark comptait 52 sites de production de biométhane injectant plus de 4 TWh par an dans les réseaux de gaz naturel et plus de 130 sites de production de biogaz (environ 1,8 TWh par an). Le Danemark est d’ailleurs l’un des pays d’Europe qui a le plus produit de biométhane ces deux dernières années. La production de gaz renouvelable représente aujourd’hui 25 % de la consommation nationale de gaz. Comme en France, le biométhane et le biogaz produit sont quasi exclusivement issus de la biomasse agricole. Dans ce plan, le gouvernement souhaite que la production danoise de biogaz soit au moins égale à la consommation totale de gaz  du royaume scandinave d’ici à la fin de l’année 2028. Les projections précédentes tablaient davantage sur 2035. Le projet de loi prévoit donc une augmentation significative de la production de biométhane et une procédure accélérée d’approbation de l’augmentation de la production et de l’expansion des usines produisant du biométhane et du biogaz.