Énergie : la présidentielle sera aussi une bataille de souveraineté

Politiques énergétiques
25/06/2026
13 min
À moins d’un an de la présidentielle, les représentants des principaux candidats ont croisé le fer sur l’avenir énergétique du pays lors d’un débat organisé par l’UFE. Entre défense du nucléaire, pari sur les renouvelables et promesses de baisse des factures, chacun a esquissé sa vision de la France de 2050. ©Stephane Rande

Nucléaire, renouvelables, prix de l’électricité, souveraineté industrielle : le débat énergétique s’annonce comme l’un des grands marqueurs de la prochaine présidentielle. Réunis lors d’un échange organisé par l’Union française de l’électricité ce 23 juin à Paris, plusieurs représentants politiques ont exposé leur vision du futur énergétique français. Tous ou presque partagent un même constat : la France doit électrifier massivement ses usages, réduire sa dépendance aux énergies fossiles et protéger le pouvoir d’achat. Mais derrière ce socle commun, les fractures restent profondes. Derrière les kilowattheures se cachent des choix de société, des stratégies industrielles et des lignes de fracture politiques qui traversent déjà les futurs candidats. Décryptage. 

 

 

Par Laura Icart 

Le plus frappant dans ce débat ? Le vieux clivage gauche-droite sur l’énergie est en train de voler en éclats. D’un côté, une large coalition allant d’Édouard Philippe à Fabien Roussel, en passant par Bruno Retailleau et une partie des socialistes, défend désormais le nucléaire comme pilier incontournable de la souveraineté française. De l’autre, les écologistes et La France insoumise continuent de miser sur une sortie progressive de l’atome et un horizon 100 % renouvelable. Entre les deux, Olivier Faure tente une ligne médiane. Une position d’équilibriste qui résume à elle seule les tensions qui traversent aujourd’hui la gauche.

Le grand retour du nucléaire

Longtemps considéré comme un sujet explosif à gauche, le nucléaire est devenu le point de ralliement d’une partie croissante de la classe politique. « Nous avons besoin d’électricité décarbonée, stable et pilotable », martèle Fabien Roussel. Même tonalité chez Bruno Retailleau, qui veut faire de la France « une grande puissance électrique de plein exercice » et relancer Astrid, le programme de réacteurs à neutrons rapides abandonné sous François Hollande. Le candidat LR ne cache pas sa colère contre ce qu’il considère comme 15 années d’erreurs politiques. « On a décrété la fermeture de 14 réacteurs. On a fermé Fessenheim. Les Français ont payé la facture », accuse-t-il. Sur plusieurs points, le patron du PCF et le candidat de la droite...

Cet article est réservé aux abonnés de Gaz d'aujourd'hui, abonnez-vous si vous souhaitez lire la totalité de cet article.

Je m'abonne

Vous aimerez aussi