Électrification de l’industrie : « sortir du « stop and go » permanent »

Industrie
07/04/2026
12 min
Avec un taux d’électrification limité à 37 %, l’industrie repose encore majoritairement sur les énergies fossiles, notamment pour ses usages thermiques, tandis que l’électricité alimente surtout les machines (56 %) et, dans une moindre mesure, les utilités (20 %). » ©Darryl Brooks / Shutterstock

Si la France dispose d’une électricité largement décarbonée, son industrie n’électrifie pas assez vite. C’est le constat dressé par le député ( non inscrit) du Haut-Rhin, Raphaël Schellenberger, dans un rapport intermédiaire remis ce matin au ministre de l’Économie Roland Lescure, dans le cadre de sa mission gouvernementale sur les freins à l’électrification de l’industrie qui doit s’achever en juin. Entre contraintes réglementaires, limites du réseau et enjeux industriels, il plaide pour une approche plus pragmatique et orientée marché.

Par Laura Icart

« Il ne suffit pas qu’un gouvernement dise “on va électrifier” pour que les filières se mettent en ordre de marche » indique Raphaël Schellenberger ce matin lors d’un échange avec l’Association des journalistes de l’énergie (AJDE). « L’électrification n’est pas qu’une question technologique. C’est une question d’organisation, de marché et de prise de risque » affirme celui qui met en garde contre un risque majeur : celui de rater la fenêtre de modernisation industrielle. Dans plusieurs secteurs, les équipements arrivent en fin de vie. « Ne pas électrifier au moment de leur renouvellement reviendrait à prolonger la dépendance aux énergies fossiles pour plusieurs décennies » estime le député. Face à ces blocages, le rapport appelle à un changement de cap politique. Il plaide pour une « réaffirmation forte » de la priorité donnée à l’électrification, avant même les politiques de sobriété. Parmi les pistes avancées : garantir un prix de l’électricité compétitif dans la durée, stabiliser les dispositifs d’aide, accélérer le développement des réseaux et structurer une filière industrielle de l’électrification. « Ce rapport est un point d’étape » explique Raphaël Schellenberger. Il sera complété dans les prochains mois par des propositions plus détaillées, « notamment sur les mécanismes de financement et l’évolution des règles d’accès aux réseaux ».

Un paradoxe énergétique coûteux

Si, sur le papier, la France dispose d’un avantage comparatif majeur - une production...

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