Data centers : la consommation électrique en hausse de 7 % en France

Numérique
04/07/2026
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La révolution de l’intelligence artificielle et l’explosion des usages numériques continuent de se traduire dans les compteurs électriques. En France, les centres de données ont consommé en 2024 près de 4,3 TWh d’électricité, soit une hausse de 7 % sur un an, selon les dernières données du service des données et études statistiques (SDES) publiée ce 2 juillet. Une progression largement portée par les infrastructures les plus puissantes, qui concentrent désormais l’essentiel de la demande énergétique du secteur.

Par Gaz d’aujourd’hui 

Au total, 471 centres de données consommant plus de 1 GWh par an ont été recensés sur le territoire métropolitain. Leur consommation représente à elle seule l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’une agglomération de près d’un million d’habitants. Le phénomène pourrait toutefois être plus important encore. En intégrant plusieurs centaines de sites de taille plus modeste, plus difficiles à identifier statistiquement, la consommation totale des centres de données français est estimée entre 4,3 et 6 TWh par an, soit entre 1 et 1,5 % de l’électricité consommée dans l’Hexagone.

Les « hyperscalers » tirent la croissance

Derrière cette hausse globale se cache une accélération nette des plus grands centres de données. Les installations consommant plus de 50 GWh par an ont vu leur consommation progresser de 15,8 % entre 2023 et 2024, contre une croissance nettement plus modérée pour les autres catégories de sites. La tendance est encore plus marquée sur le long terme. Depuis 2018, la consommation totale des centres de données de plus de 1 GWh a augmenté de 31 %. Sur la même période, celle des plus gros sites a bondi de 155 %. Cette évolution traduit la montée en puissance des infrastructures dites « hyperscale », exploitées par les grands acteurs mondiaux du cloud et désormais sollicitées par les besoins croissants liés à l’intelligence artificielle générative, au calcul haute performance et aux services numériques à forte intensité de données.

Une consommation très concentrée

La géographie énergétique des centres de données français apparaît particulièrement déséquilibrée. À peine un cinquième des installations concentre les trois quarts de la consommation totale du secteur. « Ainsi, 21 % des centres de données recensés absorbent à eux seuls 75 % de l’électricité utilisée par l’ensemble des infrastructures de plus de 1 GWh » note le SDES. Cette concentration s’observe également sur le plan territorial. L’Île-de-France représente à elle seule 63 % de la consommation nationale des centres de données. Trois départements franciliens ainsi que le Nord affichent chacun une consommation supérieure à 300 GWh annuels. Cette polarisation reflète la proximité recherchée avec les grands bassins économiques, les infrastructures de télécommunications et les principaux points d’échange internet européens.

L’intensité énergétique augmente avec la taille

Autre enseignement de l’étude : plus un centre de données est important, plus sa consommation énergétique rapportée à la surface des salles informatiques augmente. En moyenne, les centres français consomment 2,6 MWh d’électricité par mètre carré de salle serveurs. Mais cette moyenne masque des écarts considérables : les plus petits sites affichent une intensité énergétique de 1,3 MWh par mètre carré, contre 4,8 MWh pour les installations dépassant les 50 GWh annuels. « Cette intensité énergétique des plus grands sites a quasiment doublé en six ans, passant de 2,5 MWh par mètre carré en 2018 à 4,8 MWh en 2024 » indique le SDES qui l’explique par « une densification croissante des capacités de calcul hébergées » dans les centres les plus récents, où les équipements dédiés à l’intelligence artificielle affichent des besoins électriques et de refroidissement sans précédent.

Un nouvel enjeu industriel et énergétique

Si les centres de données ne représentent encore qu’une part limitée de la consommation électrique nationale, leur trajectoire de croissance en fait désormais un sujet stratégique pour les énergéticiens et les pouvoirs publics. La France conserve néanmoins un avantage compétitif grâce à une électricité largement décarbonée et relativement stable en prix, un argument régulièrement mis en avant pour attirer les investissements internationaux dans les infrastructures numériques.

Reste que l’équation énergétique se complexifie à mesure que les projets se multiplient. Les opérateurs cherchent désormais à améliorer l’efficacité de leurs installations, à valoriser la chaleur fatale produite par les serveurs ou encore à sécuriser leurs approvisionnements via des contrats de long terme avec les producteurs d’électricité.

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