Comment le gouvernement veut « défossiliser » la France ?

En 2035, la production de biogaz « pourrait être comprise entre 50 et 85 TWh » indique la Stratégie française pour le climat publié le 22 novembre « en fonction de la maturité » des technologies de pyrogazéification, gazéification hydrothermale et méthanation mais aussi en fonction des « modélisations en cours de finalisation dans le cadre de la SNBC » sur le disponibilité de la biomasse. © Shutterstock

Publié le 23/11/2023

12 min

Publié le 23/11/2023

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Le gouvernement a mis en consultation publique ce mercredi 22 novembre la très attendue stratégie française énergie climat (SFEC), ossature d’une série de trois textes programmatiques et d’une future loi dite « de production d’énergie ». Une stratégie qui affiche une mission principale : la sortie des énergies fossiles. Pour ce faire et sans surprise le gouvernement s’appuiera sur les quatre piliers devenus l’alpha et l’oméga des politiques publiques de planification : la sobriété, l’efficacité énergétique, l’accélération des énergies renouvelables et la relance du nucléaire. Un texte qui inscrit un objectif de 50 TWh de biogaz en 2030, soit une multiplication par cinq des capacités de production par rapport à aujourd’hui et qui priorise les usages de la sacro-sainte biomasse. Décryptage.

Par Laura Icart

 

C’est une programmation « basée sur la science » insiste l’entourage de la ministre de la Transition énergétique, qui « s’appuie sur des travaux et des modélisations poussées », alors que le gouvernement vient mettre à la consultation publique et jusqu’au 22 décembre la stratégie française énergie et climat (SFEC). Celle-ci fixe les grandes orientations énergétiques de la France à horizon 2030 et 2035. Une France qui pour sortir de sa dépendance aux énergies fossiles aura massivement besoin d’électricité décarbonée, de flexibilité, de stockage et d’énergies thermiques renouvelables. « La transformation à engager dans les trois prochaines décennies est d’une ampleur comparable à celle de la première révolution industrielle » souligne la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. Et effectivement, pour doubler, tripler voire parfois quintupler le rythme de développement des énergies renouvelables, pour s’assurer d’un parc nucléaire performant et d’une augmentation de ses capacités, et pour dimensionner (et financer) le réseau d’électricité à hauteur de l’électrification massive des usages prévue, le défi est de l’ordre d’une petite révolution.

L’esprit de la SFEC 

Si les défis à relever sont nombreux, le gouvernement estime que sortir la France des énergies fossiles répond à un triple enjeu : un enjeu de souveraineté d’abord, où les crises pandémiques et géopolitiques…

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